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Jérémy Gabriel devant la Cour suprême lundi

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Après un combat de près de 10 ans qui « pèse lourd » sur les épaules de Jérémy Gabriel, le jeune homme se dit serein face à l’ultime étape qui aura lieu lundi devant le plus haut tribunal au pays.

Bien qu’il anticipe une victoire, Jérémy Gabriel a hâte de passer à autre chose.

Depuis le spectacle de Mike Ward paru en 2010 dans lequel l’humoriste se payait la tête du « petit Jérémy », le principal intéressé dit vivre avec un poids sur les épaules qui est sur le point de le quitter. 

« J’étais un enfant, un enfant handicapé qui devait vivre avec ça, mais qui en plus a dû apprendre à vivre avec l’intimidation et le résultat d’un spectacle qui a brisé toute mon adolescence et une bonne partie de mon âge adulte », affirme celui qui a aussi reçu des menaces de mort.

Bien sûr, Jérémy Gabriel a dû vivre avec l’impact de la blague à son endroit, mais il admet que le débat sur la place publique a été un fardeau supplémentaire à porter. 

Il se dit aujourd’hui plus que jamais « fier de ce combat » d’une importance cruciale pour ses droits, mais aussi pour ceux des personnes vulnérables. « Pour mettre un terme à ce genre de comportement là », plaide-t-il.

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Stéphane Harvey, avocat de Jérémy Gabriel, sur QUB radio: 

Presque 10 ans de combat

Jérémy Gabriel mène son combat depuis le dépôt d’une plainte devant la Commission des droits de la personne et de la jeunesse en 2012 alors qu’il était adolescent. « Ça pèse lourd, ç’a été long, ça fait presque 10 ans », affirme-t-il.

L’audition qui aura lieu devant la Cour suprême du Canada sera l’ultime étape dans son dossier après un passage devant le Tribunal des droits de la personne ainsi que devant la Cour d’appel.

Jérémy Gabriel et son avocat Me Stéphane Harvey se sont présentés au palais de justice de Québec, mercredi, pour accorder une entrevue aux médias.
Photo Nicolas Saillant
Jérémy Gabriel et son avocat Me Stéphane Harvey se sont présentés au palais de justice de Québec, mercredi, pour accorder une entrevue aux médias.

En novembre 2019, cette dernière avait condamné l’humoriste à verser 35 000 $ à celui qui avait fait l’objet de moquerie en raison de son handicap lors d’une série de spectacles. 

Le jeune homme de 24 ans rappelle que le spectacle dans lequel il a été calomnié a eu lieu 230 fois et est largement disponible sur internet encore aujourd’hui.

Il n’y a pas eu de « censure » dans ce dossier selon lui, mais il ajoute « qu’il y a une responsabilité que M. Ward doit prendre ».

Audition devant neuf juges

L’audition de lundi qui se fera par visioconférence devant les neuf juges de la Cour suprême revêt une importance « d’envergure nationale », selon l’avocat qui présentera le mémoire de Jérémy Gabriel, Me Stéphane Harvey.

« La Cour suprême va établir où commence la liberté d’expression et où elle s’arrête », explique-t-il. 

C’est au terme de ce débat que Jérémy Gabriel saura s’il gagne sa cause. « C’est un peu stressant, c’est la dernière étape, ça va être crucial, mais je me sens serein et je suis aussi content qu’on y arrive », dit-il.