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Poste de lieutenant-gouverneur: la CAQ vote contre l’abolition des symboles monarchiques

La ministre Sonia LeBel a plaidé que l’abolition du poste de lieutenant-gouverneur est un processus «complexe et lourd».
Photo d'archives La ministre Sonia LeBel a plaidé que l’abolition du poste de lieutenant-gouverneur est un processus «complexe et lourd».

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Le fruit n’est pas mûr pour abolir le poste de lieutenant-gouverneur et retirer les autres symboles de la monarchie britannique au Québec, a plaidé, en somme, le gouvernement Legault.

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L’Assemblée nationale a tenu un débat de deux heures sur une motion en ce sens, mercredi, à l’initiative du Parti québécois. Les troupes péquistes souhaitaient ainsi forcer le gouvernement à se prononcer sur un engagement de la CAQ, en 2015, d’abolir le poste de représentant de la reine au Québec «lorsque le contexte le permettra».  

«C’est malaisant d’avoir à plaider allégeance à Élisabeth II, une souveraine que je ne rencontrerai jamais. Ma seule légitimité, elle est à l’égard du peuple du Québec, à l’égard de mes concitoyens», a déclaré le chef parlementaire du PQ, Pascal Bérubé. Les symboles monarchiques, dit-il, devraient être remisés «tel le crucifix», récemment retiré du Salon bleu.  

Dans la foulée de la démission récente de la gouverneure générale Julie Payette 74% des Québécois ont dit souhaiter l’abolition de la monarchie au Canada, en réponse à un sondage Léger–Le Journal.  

La Barbade coupera d’ailleurs les liens avec la couronne britannique d’ici décembre prochain, tandis que l’Australie songe à quitter le Commonwealth à la fin du règne d’Élisabeth II.  

Complexe et lourd

Mais la ministre responsable des Relations canadiennes, Sonia LeBel, est venue plaider que l’abolition du poste de lieutenant-gouverneur est un processus «complexe et lourd». Son rôle et ses pouvoirs sont «intrinsèquement imbriqués» dans le fonctionnement du Parlement québécois, a-t-elle fait valoir. «Si c’était si facile, on le ferait», a-t-elle lancé.  

D’ailleurs, il faudrait confier ses responsabilités à un nouveau «chef de l’État», a souligné Mme LeBel. Un tel changement, dit-elle, pourrait difficilement se faire sans consulter la population par voie de référendum. Ensuite, Québec devrait obtenir l’accord des neuf autres provinces et du fédéral, même si la modification ne concerne que le lieutenant-gouverneur québécois. 

Amendement rejeté

Le gouvernement caquiste a donc proposé d’amender la motion péquiste afin de simplement rappeler «l’engagement du gouvernement caquiste de supprimer la fonction de lieutenant-gouverneur lorsque le contexte le permettra».  

Devant le rejet de l’amendement par le PQ, la CAQ a voté contre la motion, tout comme le PLQ. QS, lui, a appuyé la proposition péquiste.  

«La CAQ a tenu un discours identique au PLQ. On demandait simplement de convenir d'abolir la monarchie au Québec, donc convenir de quelque chose déjà dans leur programme. Ils ont renié leur engagement», a dénoncé le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, à la suite du vote.  

Après deux heures de débat, un consensus s’est toutefois dégagé clairement parmi les quatre formations politiques: toutes ont affirmé ne pas être attachées à la monarchie britannique.   

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