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Québecor achète le label Audiogram

Le géant médiatique veut devenir le numéro un de la musique au Québec

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Québecor se positionne de plus en plus comme un géant de la musique au Québec. Déjà gestionnaire du Centre Vidéotron, propriétaire du Capitole de Québec et de trois labels, l’empire médiatique a mis la main sur Audiogram, une des plus importantes maisons de disques québécoises des quatre dernières décennies.

L’objectif est clair. « Être les numéros 1 du divertissement et de la musique au Québec », clame le patron de Québecor Sports et divertissement, Martin Tremblay.

  • Écoutez l'entrevue de Martin Tremblay avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

Une étape importante pour atteindre ce but a été franchie, mercredi, quand a été annoncée l’acquisition d’Audiogram.

Depuis sa fondation par Michel Bélanger, en 1984, Audiogram a été le nid musical de certains des plus grands artistes d’ici comme Paul Piché, Richard Séguin, Michel Rivard, Jean Leloup, Laurence Jalbert, Rock et Belles Oreilles, Bran Van 3000, Loco Locass et Ariane Moffatt. Elle a vendu plus de 10 millions d’exemplaires des 400 albums qu’elle a produits.

« C’est un honneur pour Québecor d’accueillir au sein de son équipe un fleuron de la musique québécoise », a déclaré le président et chef de la direction du géant médiatique, Pierre Karl Péladeau.

Audiogram ne changera pas

Martin Tremblay assure que le visage d’Audiogram ne changera pas à la suite de la transaction.

« Je veux que les artistes et l’équipe d’Audiogram comprennent que nous allons protéger comme la prunelle de nos yeux la personnalité artistique et l’indépendance de création », promet-il.  

  • Écoutez la chronique d'Anaïs Guertin-Lacroix sur QUB radio    

Cette préoccupation a même fait partie des pourparlers avec Québecor, indique Michel Bélanger. 

« C’était très important pour nous que les valeurs et la culture d’entreprise se poursuivent. »

D’ailleurs, le directeur général actuel d’Audiogram, Philippe Archambault, de même que les quelque 25 personnes à l’emploi d’Audiogram resteront en poste, selon Martin Tremblay.

Écosystème en construction

Les emplettes de Québecor ne sont pas terminées. L’entreprise aimerait acquérir d’autres salles de spectacles. « Nous sommes en train de bâtir un écosystème », affirme Martin Tremblay.

Même si le développement de la filière musicale chez Québecor arrive au moment où cette industrie est heurtée de plein fouet par les plateformes web et la pandémie de COVID-19, M. Tremblay est confiant.

« Il y a encore de super créateurs et il y a un public pour chacun d’entre eux. C’est à nous de trouver la manière qu’un artiste rencontre son public. »


♦ Le groupe Sports et divertissement détient quatre étiquettes de disque. Outre Audiogram, il compte dans son giron Musicor, STE-4 et MP3 Disques, qui est dirigée par Mario Pelchat.

♦ La filiale d’Audiogram, Éditorial Avenue, la plus importante maison d’édition musicale francophone au pays, fait aussi partie de la transaction.  

Une décision bouleversante  

Passer le flambeau de son bébé à Québecor a fait vivre de grandes émotions au fondateur d’Audiogram, Michel Bélanger.

« J’ai parlé à beaucoup d’artistes depuis mardi et ça remue beaucoup d’affaires. C’est une décision réfléchie, assumée, mais c’est bouleversant », confie-t-il.

À cette palette d’émotions, il faut en ajouter une très importante : la fierté.

« J’ai commencé à vouloir faire Audiogram à l’âge de 21-22 ans et j’y ai consacré toute ma vie professionnelle. C’est une entreprise qui a toujours été en santé, même si ç’a été un travail de fou et un stress de toujours. »

Il se réjouit que la propriété d’Audiogram demeure québécoise. Lui-même y restera associé à titre de producteur.

Malgré la crise, il ne croit pas que c’est un mauvais moment pour investir dans une maison de disques.

« Si j’étais quelqu’un qui commence aujourd’hui, je partirais de nouveau à l’aventure. Quand j’ai commencé, l’industrie était au plus mal et j’ai ouvert quand même Audiogram pendant que tout le monde me disait de ne pas le faire. Il s’agit de savoir tirer profit d’une nouvelle organisation de l’industrie. »

Paul Piché, le premier

Les souvenirs, on s’en doute, se bousculent. Lors de son entretien avec Le Journal, Michel Bélanger s’est notamment remémoré ses débuts avec Paul Piché, qui est venu lancer son album Nouvelles d’Europe chez le label naissant.

« Il a donné de la crédibilité à mon label. Je n’avais pas de bureau, je faisais ça à partir du petit loft où j’habitais. Paul, qui venait de quitter un gros bureau, venait chez moi. J’ai eu la chance que des artistes très connus s’en viennent avec moi. »

En plus des vedettes établies, Audiogram s’est toujours assurée de faire de la place pour les artistes émergents. C’est là que les Ariane Moffatt, Pierre Lapointe et Daniel Bélanger (le frère cadet de Michel) ont fait leurs premiers pas.

« Il y a toujours eu un équilibre à ce niveau. Un des derniers que j’ai produits, c’est Soran, un finaliste de La Voix, et c’est une belle carrière qui prend son envol. » 

Audiogram en bref    

  • Fondateur : Michel Bélanger  
  • Directeur général : Philippe Archambault  
  • Principaux artistes actuellement sous contrat : Damien Robitaille, Daniel Bélanger, Isabelle Boulay, Jean-Pierre Ferland, Mara Tremblay, Pierre Lapointe, Matt Holubowski, Catherine Major, Paul Piché et Salomé Leclerc  
  • Récompenses : À l’ADISQ, les artistes d’Audiogram ont remporté plus de 150 Félix et l’entreprise en a obtenu elle-même 50.  
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