/opinion/columnists
Navigation

Trump en procès avec les républicains

Coup d'oeil sur cet article

Les démocrates ont lancé la procédure de destitution avec de puissantes séquences vidéo de l’invasion du Congrès, qui a forcé les élus des deux chambres et l’ancien vice-président, Mike Pence, à être évacués sous la protection de la police du Capitole.

C’est sans précédent dans l’histoire des États-Unis. Jamais non plus un président n’a été jugé deux fois par le Sénat. Et en plus, cette fois, après l’expiration de son mandat.

Les avocats de Trump et sénateurs républicains vont éviter de porter un jugement sur ses actions tout en insistant sur le fait qu’il ne peut plus être jugé parce qu’il n’est plus président. Ça serait inconstitutionnel. C’est une stratégie ridicule. 

Le Sénat a de nouveau voté que le citoyen Trump peut être jugé. Six courageux républicains ont voté avec les 50 démocrates. Mais à moins d’un coup de théâtre, avec 44 sénateurs républicains en rang serré derrière lui, Trump a les voix nécessaires pour l’acquittement.

Coupable au moins aux yeux de l’histoire

Les procureurs démocrates soutiennent que les actions reprochées à Trump au cours de ses derniers jours au pouvoir étaient si flagrantes et si menaçantes pour la démocratie qu’il doit en être au moins tenu responsable aux yeux de l’Histoire. Comme il ne peut plus être démis de ses fonctions, sa condamnation permettrait au moins de l’empêcher de se présenter à nouveau.

Les avocats de Trump soutiennent qu’il ne faisait que se prévaloir de sa liberté d’expression lorsqu’il a lancé sa foule d’abrutis vers le Capitole et que ça ne constituait pas une incitation à la violence.

Dans leur mémoire, ils prétendent même que Trump a tweeté des appels à la paix après avoir été averti de la violence de ses fidèles, et qu’il a pris des mesures immédiates pour la faire cesser.

Plusieurs personnes dans son entourage à la Maison-Blanche, ce jour-là, ont déclaré au Washington Post et à CNN que Trump était initialement heureux de voir que ses partisans avaient interrompu le décompte des votes du collège électoral. Ce n’est que tardivement et à contrecœur qu’il a lancé des appels à la paix, après avoir ignoré des appels répétés de ses conseillers et de politiciens républicains à le faire.

La poursuite promet des révélations accablantes

Parmi les témoins qui pourraient réfuter l’affirmation selon laquelle Trump a agi rapidement pour contenir ses partisans, il y a des élus républicains qui étaient en contact avec lui au téléphone pendant les troubles. Les démocrates appelleront-ils des législateurs républicains comme témoins ?

En tout cas, ils promettent des preuves encore inédites qui démontreront que la menace pesant sur le vice-président, Mike Pence, et les membres du Congrès le 6 janvier était bien pire qu’on ne le croyait jusqu’ici. 

Ces révélations pousseront-elles certains sénateurs républicains à connaître leur « chemin de Damas » et à voter contre Trump ? J’en doute.

À bien y penser, c’est le Parti républicain, tout autant que Trump, qui est en procès actuellement devant le peuple américain.