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Une inquiétante glissade vers le décrochage

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Les premiers bulletins des élèves du secondaire ont été rendus publics, et les résultats sont réellement inquiétants.

Ce que disent les résultats, c’est que le nombre d’échecs a pratiquement doublé pour les élèves du secondaire depuis le retour à l’école.

En mathématique, par exemple, un élève sur quatre serait en position d’échec. 

On le sait, les échecs que vivent les élèves d’aujourd’hui signifient souvent des décrochages le lendemain. 

Le décrochage scolaire est une glissade qui commence par des échecs scolaires. 

La pandémie exacerbe les failles de notre société, répète-t-on. Dans nos écoles, elle pousse les élèves plus vulnérables vers cette glissade du décrochage. 

Ces élèves vulnérables, ce sont les dyslexiques, ce sont ceux qui souffrent de déficit d’attention, ceux qui viennent de milieux défavorisés. Des jeunes brillants, que l’on prive collectivement des outils essentiels pour leur épanouissement. 

Négligence

Certains, notamment au gouvernement, voient dans ces futurs décrocheurs les conséquences inéluctables d’un virus, à une année scolaire hors-norme. 

S’arrêter à cela, c’est vouloir se donner bonne conscience.

Les élèves en glissage d’aujourd’hui le sont en raison de décennies de négligence.

Les négligences, c’est d’avoir laissé le réseau scolaire se dégrader, en surchargeant les classes d’élèves, en n’investissant pas dans les services d’appoint, comme les psychologues et orthopédagogues, qui permettent aux élèves de se sauver de la glissade.

Cette dégradation de l’école porte les noms de coupes systémiques, de déficit zéro et d’austérité libérale.

La négligence, dans les derniers mois, ce fut l’absence d’incitatifs pour recruter de nouveaux professeurs et professionnels, même si on savait pertinemment que la période scolaire s’annonçait difficile.

Ces taux d’échecs que vous voyez aujourd’hui, c’est la suite du décrochage québécois en éducation depuis 20 ans, principalement dans nos écoles publiques. 

Ce sont des jeunes qui ne pourront jamais atteindre leur plein potentiel et réaliser leurs rêves de vie. Une génération sacrifiée, pour reprendre l’expression consacrée.

À cet examen, nous sommes comme le quart des élèves en mathématique du secondaire : en situation d’échec.