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À 50 ans, sa réorientation en massothérapie tourne mal

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À 50 ans et après des années de travail en usine, Josée est très fière d’avoir réussi sa réorientation vers la massothérapie. En janvier 2020, son diplôme en poche, elle démarre son entreprise. Quelques semaines plus tard, la pandémie allait bouleverser ses plans.

Avec les mesures sanitaires et le confinement, il lui a été impossible de travailler pendant plusieurs mois. Et à la réouverture, sa situation n’augure pas très bien. En effet, elle n’a pas eu le temps d’établir sa clientèle avant la fermeture des commerces. 

De plus, elle a accumulé des dettes sur ses cartes de crédit et sa marge de crédit hypothécaire pendant ses études. Les soldes totalisent désormais 70 000 dollars et ne cessent de grimper à cause des taux d’intérêt élevés sur ses cartes.

Des revenus incertains

À la recherche d’une solution et avec déjà trois mois de retard dans ses paiements, Josée a contacté son institution financière pour tenter d’obtenir un prêt de consolidation pour rembourser ses dettes. 

Sa banque a refusé, de même que sa demande de refinancement hypothécaire compte tenu de la faible valeur de sa maison et de la dette de marge hypothécaire qui y était déjà rattachée (45 000 $).

Ses démarches infructueuses l’incitent à demander conseil à une firme de syndic autorisé en insolvabilité. Chantal Dupras, conseillère en redressement financier chez Raymond Chabot, explique que lors de la rencontre initiale, elle a commencé par dresser la liste de tous les biens de Josée avec leur valeur marchande, et une deuxième liste établissant le total de ses dettes. 

« Elle doit 25 000 $ à ses créanciers de cartes de crédit et le minimum remboursable mensuel s’élève à 625 $. Elle est incapable de payer ce montant avec ses revenus qui sont de 1970 $, ce qui inclut la PCU – 2000 $ brut – et des revenus de loyer de 320 $. Pour le moment, ses entrées d’argent comme massothérapeute sont trop incertaines, même si elles vont probablement augmenter dans le futur. »

Trois pistes de solution

Trois solutions s’offrent à Josée. 

Elle pourrait décaisser les REER de 80 000 $ qu’elle a accumulés durant ses années de travail chez son ancien employeur. Toutefois, elle devrait payer de l’impôt sur ce retrait et se priverait aussi d’un revenu de retraite.

Elle pourrait aussi faire faillite et serait libérée de toutes ses dettes dans un délai de 9 à 21 mois, en fonction de ses revenus. Dans le cas d’une faillite, elle conserverait ses REER qui sont insaisissables, sauf les cotisations des 12 derniers mois, ainsi que sa maison. La valeur de cette dernière n’est pas suffisamment élevée pour intéresser les créanciers, et tant que Josée respectera ses engagements vis-à-vis de l’immeuble (paiement de la marge, de l’hypothèque, des taxes, etc.), elle pourra garder sa propriété.

Elle a toutefois préféré opter pour la troisième solution, la proposition de consommateur, car elle tenait à rembourser le plus possible ses créanciers. Ils ont accepté son offre de 10 000 $ à raison de 45 paiements mensuels, soit 222 $. Cette option lui a permis de conserver ses biens, tout en se libérant de ses dettes de cartes de crédit. 

« Il ne faut pas attendre d’avoir des factures en retard avant de consulter un expert en insolvabilité. Non seulement cela entache notre dossier de crédit, mais cela génère aussi beaucoup de stress », constate Chantal Dupras qui ajoute qu’en repoussant cette démarche, cela réduit aussi l’éventail des possibilités qui s’offrent à la personne endettée.

SA SITUATION FINANCIÈRE 

Actifs 

  • Résidence : valeur de 50 000 $
  • REER de l’ancien employeur : 80 000 $ (insaisissable)
  • Véhicule en location

Dettes de consommation 

  • Cartes de crédit : 25 000 $ 
  • Marge de crédit hypothécaire : 45 000 $

Total des dettes de consommation : 70 000 $, dont 25 000 $ de dettes non garanties

Revenus nets mensuels

  • PCU : 2000 $ brut imposable
  • Revenus de loyer : 320 $

TOTAL DES REVENUS : 1970 $

Dépenses mensuelles

  • 2450 $ (incluant hypothèque, taxes, téléphone, électricité, location auto, assurances, épicerie, etc.)