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Dans l’univers musical de Simon Delisle

Dans l’univers musical de Simon Delisle
Illustration: Sébastien Dorion

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Grand gagnant du concours télévisé Le prochain stand-up, Simon Delisle vivait déjà de sa plume d’auteur et de ses spectacles d’humoristes depuis 10 ans.

Bref, ses récents succès, il ne les a pas volés! Travailleur dans l’ombre pour des humoristes telles que Mariana Mazza ou Maude Landry, il a aussi écrit pour de nombreuses émissions de télé.

Ces réussites auraient pu le combler professionnellement, mais l’appel de la scène ne s’est jamais démenti pour l’humoriste originaire de Chicoutimi. Et comme si toutes ces implications ne suffisaient pas, il relance son podcast Les bons dimanches au mois de mars.

Entre deux meetings de création et l’écriture de ses propres numéros, Simon Delisle a trouvé le temps de nous parler d’une autre de ses passions: la musique.

Dans une année difficile pour beaucoup d’artistes, tu remportes les honneurs à l’émission Le prochain stand-up. On entend parler de toi de plus en plus. Te considères-tu choyé?

L’année 2020, surtout entre mars et juin, a été très dure. J’avais beaucoup de contrats de spectacle et je suis tombé à zéro. Après ça, le Prochain Stand-Up est arrivé. Les galas aussi. J’ai été pas mal occupé durant l’été et l’automne. J’ai vécu une moitié d’année vraiment lugubre puis le meilleur six mois de ma carrière. 2020 est comme une espèce de Miel et Venin.

À force de travailler sur différents projets comme auteur, est-ce que c’est difficile d’écrire pour soi?

Oui, c’est clairement ce qui est le plus dur. En tant qu’auteur, je trouve ça beaucoup plus facile d’écrire pour quelqu’un d’autre. Quand quelqu’un m’envoie des textes pour que je les punche, j’ai comme une espèce de distance émotionnelle.

J’ai dénoté chez toi, dans ton humour et dans les entrevues, une certaine culture littéraire. Des allusions à Thalès de Millet ou Romain Gary par exemple. Es-tu un grand lecteur?

Moins dans les dernières années avec les enfants et... Netflix! À une certaine époque, j’étais beaucoup plus assidu, mais je dirais que j’ai plus une culture un peu «buffet».

Au secondaire, j’étais très bon à Génies en herbe. J’ai un peu de connaissances littéraires, cinématographiques et musicales. C’est assez éparpillé. Mais c’est mon genre de dropper comme ça que George Sand s’appelait Aurore Dupin... C’est des connaissances qui ne me servent à rien sauf à avoir l’air intelligent en entrevue.

As-tu regardé les performances en streaming depuis la pandémie?

Pas tant de shows. Je suis plus du genre à cliquer sur la dernière vidéo qui vient de sortir. Quand je suis allé chez mes parents en octobre au Saguenay on s’est retapé Rod Stewart Unplugged... and seated. C’est un album mystique chez nous.

S’il y a un artiste que j’ai écouté plus que n’importe quel autre, c’est Rod Stewart. Mon père est un fan fini. Chez nous, on a baigné dans le Rod toute notre vie. Mes enfants connaissent des tounes de Rod. C’est vraiment comme une religion.

Préfères-tu écouter des nouveautés ou réécouter ce que tu aimais quand t’étais jeune?

J’aime découvrir des nouvelles affaires de temps en temps, mais je t’avoue que je suis assez old school dans mes playlists. Je suis nostalgique.

Au secondaire j’étais plus dans System OfA Down, Rage Against The Machine, Korn... Quand j’ai déménagé à Montréal, j’ai travaillé dans un pawnshop et les gars avec qui je travaillais écoutaient presque juste du hip-hop. Je me suis mis à découvrir beaucoup ça sur le tard. L’école du micro d’argent d’IAM par exemple, c’est un album mythique.

As-tu déjà joué d’un instrument?

J’ai joué de la guitare classique pendant deux ans. Mais je suis du genre à me décourager quand je ne suis pas bon dans quelque chose. Je n’étais pas très doué. C’était peut-être trop académique. Peut-être que si j’avais eu un ami cool qui jouait de la guitare, il m’aurait montré des accords et j’aurais pu jouer Wonderwall autour d’un feu.

Est-ce qu’y a des musiciennes ou des musiciens qui influencent ton humour?

Pour écrire, j’écoute beaucoup de rap. Le dernier album d’Eminem, Music To Be Murdered By par exemple. C’est une espèce de poésie où il y a beaucoup de mots. J’aime ça dans mes numéros faire des montées avec beaucoup de mots pour faire beaucoup d’images. C’est très graphique.

Et Beastie Boys aussi ça revient souvent quand j’écris. Ill Communication et Hello Nasty. C’est «crinquant», c’est un peu cartoonesque, rigolo. Ça motive.

Dans un numéro tu mentionnes que Careless Whisper était la chanson la plus populaire quand tu es né. As-tu d’autres chansons associées à des moments importants de ta vie?

I’m just a Gigolo de David Lee Roth. Y a des vidéos de moi qui commence à marcher sur David Lee Roth.

Color blind de Counting Crow. J’écoutais ça l’année où j’ai perdu mes cheveux après avoir été bien malade. Je m’étais séparé d’avec ma blonde. Je voulais reprendre avec mon ex, mais elle habitait très loin.

Hey Ya!de Outkast c’était la toune d’entrée de mon équipe d’impro. Et à la fin du secondaire et au Cégep, je ne vivais que pour l’impro.

Uprising de Muse, ça a été la toune qu’on écoutait abondamment en tournée de l’École de l’humour en 2010 avec Adib Alkhalidey, Pierre-Bruno Rivard, Charles Beauchesne et Jérémie Larouche.

Little Black Submarine de Black Keys est la chanson avec laquelle j’ai endormi le plus souvent mes enfants. Ma fille me demande encore de lui chanter ça avant de se coucher.

Pour suivre les (nombreux) projets de Simon, mieux vaut le suivre sur Facebook. Pour écouter une liste d’écoute inspirée de ses goûts musicaux, ça se passe sur QUB musique!