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Développement de nouvelles places: réforme envisagée pour les CPE

CPE du carrefour
Photo d'archives, Chantal Poirier

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Citant une bureaucratie trop lourde, Québec veut réformer le processus pour accorder de nouvelles places dans les centres de la petite enfance.

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«Le système qui a [mis] été en place est très compliqué, pas facile à changer non plus, parce qu'il y a des responsabilités à tous les niveaux, puis on ne veut pas heurter toutes les personnes, qui décident où sont les places prioritaires. Mais j'avoue que, quand on veut ouvrir des places à certains endroits, c'est compliqué, c'est très, très compliqué», a commenté le premier ministre François Legault lors d’un point de presse jeudi.  

La veille, le ministre de la Famille Mathieu Lacombe déclarait dans un reportage de Radio-Canada que le développement des CPE «ne fonctionne plus». Le gouvernement Legault blâme une bureaucratie trop lourde pour expliquer pourquoi il a développé seulement 2022 places, sur les 15 000 promises en début de mandat.  

«Et puis moi, j'ai dit à Mathieu: Changeons ça, même si on pile sur certains orteils puis qu'on enlève certains pouvoirs à certaines personnes, a poursuivi M. Legault jeudi. Mais, à un moment donné, il faut être capable de dire: "Bien, voici les priorités, puis voici où on veut ouvrir les CPE. Puis on veut le faire rapidement."» 

Le ministre Lacombe estime lui aussi que le réseau de la petite enfance est dû pour un ménage. «Je ne fais pas un constat d'impuissance ce matin, je fais un constat qui est honnête en disant que, comme ministre, moi, je juge que les outils que j'ai devant moi ne me permettent plus d'aller aussi vite que je veux aller, ne me permettent pas d'aller aussi vite que les parents souhaitent qu'on aille», a-t-il déclaré jeudi.  

Ralentissement

Pourtant, Québec a déjà développé beaucoup plus de places annuellement, a fait remarquer la critique péquiste Véronique Hivon. Sous les libéraux de Philippe Couillard, leur nombre a grimpé de 2565 places entre 2015 et 2016, puis de plus de 1500 l’année suivante et de près de 1400 la dernière année.  

Par comparaison, le gouvernement caquiste a créé 757 places à sa première année au pouvoir, puis 619 l’an dernier.  

Toutefois, aucun appel d’offres n’a eu lieu entre 2013 et 2018, ce qui peut avoir ralenti la création de nouvelles places, fait-on valoir à Québec.  

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Réforme nécessaire?

Pour Véronique Hivon, la sortie du ministre Lacombe vise plutôt à occulter son retard dans la création de nouvelles places. «On a l’impression que le ministre, pour camoufler son échec, est en train de dire: ce n’est pas de ma faute, c’est parce que c’est trop compliqué», estime-t-elle.   

La critique péquiste s’est également étonnée de l’absence de propositions de la part du ministre pour réformer ce système qu’il juge trop complexe.  

De son côté, l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) affirme que le ministre Lacombe a le pouvoir de revoir les processus, «sans passer par une réforme complète».  

«Alors que 46 000 familles ne peuvent retourner au travail faute de place et que leur préférence est claire pour le modèle CPE, elles ne peuvent faire les frais d’une réforme de plus», affirme sa directrice générale, Geneviève Bélisle, par voie de communiqué.