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L’engouement pour la rénovation va se maintenir en 2021

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La pandémie s’est traduite par une hausse marquée des travaux de rénovation, ce qui a contribué à faire exploser les prix et entraîné une rareté des matériaux de construction. 

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Cette situation devrait se poursuivre cette année alors que les deux tiers des propriétaires québécois envisagent de réaliser des améliorations dans leur demeure, révèle une enquête web faite en décembre à la demande de plusieurs associations de l’industrie de la construction et de la rénovation.

Selon les résultats dévoilés jeudi, les propriétaires qui entendent faire des travaux d’ici septembre prochain vont investir en moyenne 11 300 $, ce qui est bien plus que les 8700 $ dépensés en moyenne de mars à décembre 2020.

Trois propriétaires sur cinq envisageraient de confier en tout ou en partie les travaux à des professionnels de la construction et de la rénovation, mais les dépenses pourraient grimper en moyenne à 14 000 $ pour ceux qui s’en remettent entièrement aux travailleurs de l’industrie.

Les travaux de peinture (38 %), d’aménagement paysager (22 5), d’amélioration des espaces extérieurs comme le patio (21 %), le changement des portes et fenêtres (19 %) et de structure de la cuisine (11 %) ont été les plus populaires.

«Loin de s'estomper, la demande pour des matériaux de construction ainsi que pour les services d'entrepreneurs en construction risque d'être encore plus vigoureuse au cours des prochains mois, alors que les carnets de commandes des entrepreneurs sont déjà bien remplis», a dit François Bernier, vice-président principal Affaires publiques de l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ), par communiqué.

«Une différence de taille, toutefois, entre ce printemps et celui de 2020, c'est la préparation des quincailleries et centres de rénovation qui savent que les consommateurs et leurs entrepreneurs voudront faire des travaux», a indiqué pour sa part Richard Darveau, président et chef de la direction de l'Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT).

Si 58 % des propriétaires évoquent que les travaux étaient nécessaires en raison de l’usure ou de la désuétude de leur demeure, 13 % ont plutôt été motivés par des améliorations écoénergétiques et 11 % parce qu’ils souhaitaient vendre dans les mois à venir.

Pénurie de bois et des maisons plus coûteuses

Tout cet engouement pour la rénovation et la construction résidentielles entraîne une hausse des prix des matériaux de construction. Et les maisons neuves, au final, coûteront encore plus cher.

C’est que révèle un autre sondage réalisé le mois dernier au téléphone auprès de 750 entrepreneurs et dirigeants de l’industrie.

On apprend ainsi que 80 % des entrepreneurs en construction ou en rénovation ont connu des problèmes d’approvisionnement depuis le début de la pandémie. Il est question de délais de livraison et de transport sur les chantiers, de ruptures de stock chez le fournisseur ou d’un niveau d’inventaire local inadéquat.

On a manqué notamment de portes et fenêtres (46 %), de bois d'œuvre (38 %), de contreplaqué et panneaux de copeaux (35 %), de fermes de toit (33 %), de poutrelles (28 %), de produits d'ingénierie en bois (24 %) et d’articles de plomberie (22 %).

La demande étant plus forte que l’offre, les prix des matériaux ont bondi. Vingt-deux pour cent des entrepreneurs ont dit avoir fait face à des augmentations de 10 % à 20 %, mais pour 42 % des répondants, la hausse est encore plus salée, atteignant plus de 20 %.

«La hausse du coût des matériaux est donc très significative et cela va inévitablement se refléter de plus en plus dans le prix des propriétés et des contrats publics», a indiqué Guillaume Houle, responsable des affaires publiques de l’Association de la construction du Québec (ACQ).

L'industrie du bois appelle de son côté le gouvernement Legault à bouger. «La valorisation de la forêt privée représente une solution à court terme pour combler une partie de l'augmentation de la demande», a dit le PDG du Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ), Jean-François Samray.