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Ottawa: va-t-on vraiment nous plonger en élections?

Erin O Toole
Photo d'archives

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Les partis d’opposition sentent l’odeur du sang.

Les délais de la campagne de vaccination ont rendu le gouvernement minoritaire libéral de Justin Trudeau vulnérable. 

Les sondages en font foi : conservateurs et libéraux seraient à égalité statistique.

Conséquemment, les appels au déclenchement d’élections anticipées se multiplient, surtout chez les commentateurs conservateurs.

Calcul politique

Le calcul politique se défend. 

Les libéraux présenteront un budget dans les prochaines semaines. Un premier en deux ans. 

Ce dernier dessinera sans doute les grandes lignes de la plateforme électorale libérale. 

Justin Trudeau aura besoin d’un partenaire de danse afin de le faire adopter à la Chambre des communes.

Le Bloc québécois, qui a voté contre le discours du trône, semble peu enclin à appuyer les libéraux par les temps qui courent. 

Les conservateurs, qui aspirent au pouvoir, peuvent difficilement en toute logique donner leur appui au texte. 

La pression retombera probablement encore une fois sur les épaules du NPD de Jagmeet Singh. 

On sait que le parti s’est récemment libéré de ses dettes. Cela étant dit, on peut présumer que son trésor de guerre est peu garni.

Fébrilité

Revenons aux conservateurs. On peut comprendre qu’il y ait de la fébrilité dans l’air, en regard des sondages. Mais il n’y a pas de quoi pavoiser non plus. À 31 % dans les intentions de vote, la bande à O’Toole est très loin d’une victoire, et encore plus loin d’une majorité. 

M. O’Toole a encore beaucoup de travail à faire. Déclencher une élection est une tâche beaucoup plus facile que de s’y préparer adéquatement. 

C’est une chose de critiquer le gouvernement au pouvoir. C’en est une autre de proposer un plan crédible et concret pour le remplacer. 

Jusqu’à présent, M. O’Toole, encore largement inconnu, a donné peu de détails sur sa vision de l’après-pandémie. 

Il devra mettre de la chair autour de l’os, sans brûler ses cartouches en vue du scrutin. Un équilibre délicat. 

Une question de préparation

M. O’Toole doit aussi continuer de faire le ménage dans ses rangs. Il devra démontrer que l’éjection de l’ex-député complotiste qu’il a longtemps protégé, Derek Sloan, n’était pas qu’opportunisme ou écran de fumée. 

On sent que les conservateurs changent peu à peu de ton. Ses députés les plus cinglants et théâtraux, comme Michelle Rempel Garner, se font plus pointus dans leurs questions à la Chambre des communes. 

Ont-ils enfin compris que les libéraux sont capables de se pendre eux-mêmes, et qu’il n’est pas nécessaire de crier au loup, à chaque instant ? 

Erin O’Toole semble conscient de l’enjeu. Dans une entrevue au Toronto Star cette semaine, il a affirmé qu’il n’avait pas l’intention d’essayer de faire tomber le gouvernement de sitôt.

S’il échoue lors du prochain scrutin, il est bien possible que les conservateurs ne donnent pas une seconde chance à leur chef.

M. O’Toole ferait mieux de prendre tout le temps nécessaire afin de s’y préparer.