/opinion/faitesladifference
Navigation

Vaccination: nous avons besoin des pharmaciens

Coup d'oeil sur cet article

Au cours des dernières semaines, nous avons appris les retards dans la livraison des vaccins qui vont nous permettre d’enfin sortir de cette pandémie humainement difficile et coûteuse pour l’économie. En effet, alors que le Canada prévoyait de recevoir près de 1,5 million de doses de vaccin au mois de février, on estime maintenant en recevoir seulement 879 000.

Toutefois, malgré ces retards, les entreprises pharmaceutiques promettent de respecter leur engagement de livraison de 6 millions de vaccins au cours des prochaines semaines. 

Pfizer et Moderna comptent effectivement honorer leurs promesses de livrer 4 millions et 2 millions de doses, respectivement, d’ici la fin du mois de mars. Qui plus est, les autorités fédérales insistent sur le fait que l’objectif initial de faire vacciner tous les Canadiens d’ici septembre 2021 sera atteint.

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec le signataire de la lettre sur QUB radio: 

Comment administrer toutes ces doses ?

Bien que la livraison des vaccins selon les délais prescrits soit primordiale, il importe de se demander si nous arriverons bel et bien à les administrer efficacement. 

Les retards actuels signifient qu’un volume beaucoup plus élevé de vaccins sera livré aux provinces en même temps. Il faut donc se doter d’outils et de moyens afin de vacciner rapidement la population, autrement nous risquons de gaspiller des doses et de devoir réviser à la baisse nos objectifs de vaccination.

Depuis maintenant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, nos hôpitaux débordent et les gestionnaires du système public ne savent plus où donner de la tête. Il serait tout à fait illogique de confier l’entièreté de la tâche d’administration des vaccins à l’État. En fait, de grandes bannières de pharmacie se sont portées volontaires à venir en aide au système public qui est près du gouffre.

C’est le cas de Jean Coutu, comptant plus de 350 succursales au Québec, qui affirme que ses pharmaciens sont déjà équipés pour offrir le service de prise de rendez-vous et de vaccination. Non seulement y a-t-il plus de 1900 pharmacies au Québec, mais celles-ci sont souvent ouvertes les soirs et les fins de semaine, ce qui facilite l’accessibilité pour la population.

D’ailleurs, aux États-Unis, les pharmaciens sont un élément clé de leur stratégie de vaccination contre la COVID-19, et dès le 11 février, ceux-ci pourront administrer les doses à la population. 

L’expertise nécessaire

Pourtant, au Québec, le gouvernement continue d’ignorer l’aide offerte par les pharmaciens. Ils sont balayés du revers de la main, au détriment de la population et de notre économie qui souffre grandement des mesures sanitaires actuelles.

Les preuves que les pharmacies sont très utiles et détiennent l’expertise nécessaire sont pourtant abondantes. Depuis déjà plusieurs mois, les pharmaciens au Québec ont le pouvoir de vacciner la population contre l’influenza. Ces nouvelles responsabilités ont porté leurs fruits et ont démontré à quel point ces experts de la santé peuvent diminuer les visites à l’hôpital et ainsi l’engorgement de notre réseau de santé. Les pharmaciens de la province ont réussi à vacciner 900 000 personnes en deux mois !

Leur accorder la capacité d’administrer le vaccin contre la COVID-19 accélérerait le processus au pays, aiderait à atteindre les objectifs initiaux de vaccination d’ici septembre, et permettrait un retour à la normale plus hâtif. 

Bien que certains politiciens se soient montrés ouverts à la proposition, on tarde toujours à donner le feu vert et à permettre aux pharmacies de se préparer adéquatement. 

Nous ne pouvons nous permettre d’attendre plus longtemps. Il est déjà minuit moins le quart, et la population mérite que nos gouvernements agissent de manière efficace en permettant aux pharmaciens de faire partie de la solution. Donnons-leur le feu vert le plus rapidement possible.

Photo d'archives, Ben Pelosse

Miguel Ouellette, économiste et directeur des opérations de l’Institut économique de Montréal

Votre opinion
nous intéresse.

Vous avez une opinion à partager ? Un texte entre 300 et 600 mots que vous aimeriez nous soumettre ?