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Des données sur les armes à feu exigées

Montréal devrait être plus transparente et s’inspirer d’une plateforme de la police de Toronto, croit l’opposition

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Montréal et son service de police devraient s’inspirer de la transparence de Toronto, où on a mis en ligne un site avec une panoplie de statistiques qui dressent un portrait réel du fléau des armes à feu, réclame l’opposition à l’hôtel de ville. 

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« Si Toronto peut se doter d’une telle plateforme avec toutes ces données, il n’y a aucune raison pour que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ne puisse pas faire la même chose ici », s’insurge Lionel Perez, chef de l’opposition officielle.

Le service de police de la Ville Reine, qui fait face à une problématique majeure avec les armes à feu depuis des années, possède une page internet où plusieurs tableaux viennent révéler des chiffres sur l’état de la situation de la violence, ainsi que les données pour faire un comparatif historique des cinq dernières années. 

Certains graphiques remontent même jusqu’à l’année 2004.

« À cause du manque de transparence, ça nous empêche d’avoir un portrait réel et fidèle de la situation. Ça retarde notre capacité d’agir et de poser des questions, ce n’est pas dans l’intérêt public », estime M. Perez, qui a qualifié l’outil de Toronto « d’avant-gardiste ».

Ce dernier exige que la Ville et le SPVM rendent accessibles au plus vite ces données, pour tous. 

Un des différents tableaux qui sont rendus publics par la police de Toronto.
Captures d’écran du site de la police de Toronto
Un des différents tableaux qui sont rendus publics par la police de Toronto.

La Ville le voit « d’un bon œil »

Montréal rend déjà disponibles certaines données ouvertes et une plateforme où on géolocalise quelques types d’infractions, notamment les vols, méfaits ou les introductions par effraction. Mais il n’y a rien de précis concernant les incidents liés aux armes à feu.

La Ville de Montréal verrait « d’un bon œil » que ces informations soient rendues publiques, indique Caroline Bourgeois, responsable de la sécurité publique au comité exécutif et mairesse de l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles. 

« Je suis prête à m’asseoir avec le SPVM pour voir ce qu’on peut faire pour rendre ces données-là accessibles. De voir s’il y a des contraintes, si oui quelles sont-elles ? » dit-elle.

Elle a ajouté que la police montréalaise aurait évoqué « certains enjeux » à ce sujet, mais sans plus de précisions. 

Selon Lionel Perez, le SPVM « refuse de dévoiler » ces données, alors que son parti aurait multiplié les demandes d’accès à l’information, ce qu’il trouve « inacceptable ». 

« On peut s’inspirer de bonnes pratiques qui se font ailleurs », a toutefois souligné Caroline Bourgeois. 

Le SPVM n’a pas répondu à nos questions à ce sujet, jeudi. 

La mairesse et le chef ensemble

La mairesse et le directeur de la police de Montréal, Valérie Plante et Sylvain Caron, ont annoncé hier la création d’une équipe pour lutter contre le trafic d’armes.
Photo Agence QMI, Maxime Deland
La mairesse et le directeur de la police de Montréal, Valérie Plante et Sylvain Caron, ont annoncé hier la création d’une équipe pour lutter contre le trafic d’armes.

À couteaux tirés depuis l’affaire Camara, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, et le directeur du SPVM, Sylvain Caron, sont apparus ensemble jeudi pour annoncer que l’Équipe affectée à la lutte contre le trafic d’armes (ELTA) entrera en scène dans deux semaines, soit le 22 février.

« Nos citoyens doivent retrouver la quiétude et la qualité de vie auxquelles ils ont droit, ils sont en droit de se sentir en sécurité dans leur quartier », a soutenu le directeur Caron, évoquant une « banalisation des armes à feu » et une « criminalité émergente ».

Loi nationale

Après avoir interpellé le premier ministre Justin Trudeau, la mairesse Plante aura une rencontre la semaine prochaine avec le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair.

Ils vont discuter « d’aide à court terme » pour aider les forces policières à faire un meilleur contrôle. Mme Plante réclame également plus de ressources.

« D’où viennent ces armes ? [...] Il faut tout de même avoir une loi nationale. Donner le fardeau aux villes, ce n’est pas la bonne chose à faire », a-t-elle affirmé. 

L’équipe ELTA va venir s’attaquer directement aux réseaux de trafic d’armes et à leurs têtes dirigeantes. 22 enquêteurs seront affectés à cette escouade spéciale. 

« On veut aller saisir les armes avant qu’elles soient utilisées dans des crimes violents », a soutenu Sylvain Caron.   

Davantage d’effectifs policiers seront aussi déployés dans les secteurs où la violence est plus importante, soit Montréal-Nord, Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles et Saint-Léonard.


► Consultez la page de données de la police de Toronto à l’adresse : https://data.torontopolice.on.ca/pages/shootings