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La Saint-Valentin à l’ère covidienne

Une très belle carte de Saint-Valentin destinée à maman et dessinée avec amour par ma petite sœur, vers l’âge de 8 ans.
Photo Josée Legault Une très belle carte de Saint-Valentin destinée à maman et dessinée avec amour par ma petite sœur, vers l’âge de 8 ans.

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Premièrement, aux courageuses et courageux qui, malgré le titre de ce billet, ont néanmoins décidé de le lire, merci!

Eh, oui. La seule mention de la Saint-Valentin est plus souvent un repoussoir qu’un aimant capable de capter l’attention. Encore plus, s’il s’en faut, en pleine pandémie.

Donc, la Saint-Valentin à l’ère covidienne, c’est quoi? 

Ces temps pandémiques qui s’éternisent sont tellement étranges que cette fête de l’amour ne peut plus se réduire à la sempiternelle boîte de chocolats.

Ou à la carte rouge écarlate truffée de petits cœurs éclatés, achetée en panique à la pharmacie.

Ou encore, au bouquet de fleurs, apporté ou livré, accompagné de l’incontournable petite carte signée de la main du fleuriste, mais étalant l’amour de celui ou celle qui l’a commandé pour vous.

Et puis, il y a les Saint-Valentin en solo. De plus en plus répandues. Solo à cause d’une rupture ou solo à cause d’un célibat volontairement bien choisi et choyé.

Cette année, en attendant le vaccin qui ne vient pas – quel beau cadeau de la Saint-Valentin il aurait tout de même été (!) –, la «fête de l’amour» prend des airs soudainement surréalistes. 

En cette époque où le masque et la distanciation physique sont des must dans le combat contre la COVID, impossible, en effet, de multiplier les câlins et les bisous, même les plus amicaux. 

C’est là que la philosophie bien spéciale de ma maman pour la Saint-Valentin m’est revenue en mémoire. 

Lorsque nous étions enfants, ma maman nous avait bien expliqué, à ma petite sœur et moi, ce que la Saint-Valentin voulait dire pour elle. Et ce faisant, pour nous.

Puisque c’est la fête de l’amour, nous avait-elle dit, c’est donc la fête de tous les amours. L’amour des enfants, des amis, des frères et sœurs, etc. 

Si vous aimez quelqu’un, nous disait-elle, vous le lui dites. C’est important. Vous pouvez le lui dire à la Saint-Valentin, mais le reste de l’année aussi!

À la Saint-Valentin, notre maman nous offrait ainsi à chacune notre carte personnelle de souhaits d’amour. Avec des cœurs, bien sûr, mais surtout et toujours, avec un message aimant, juste pour nous, et différent chaque année.

De notre côté, ma sœur et moi, chacune, on préparait aussi notre carte de la Saint-Valentin pour maman, mais aussi une autre carte – celle de ma sœur pour moi et la mienne, pour ma sœur.

Au fil des années et des déménagements, des cartes et des souvenirs se perdent, on ne sait jamais trop comment. 

Mais, comme par magie, j’ai toujours les cartes de Saint-Valentin que nous offrait notre mère chaque année, jusqu’à son décès. J’ai aussi celles de ma sœur et les miennes.

À chaque Saint-Valentin, je m’y replonge. 

Je les relis pour moi et je les relis à ma sœur (ma petite sœur a une déficience intellectuelle et ne peut pas lire).

C’est comme si maman était là. 

Lire ses mots d’amour pour nous, c’est l’entendre à nouveau. Dans nos cœurs. 

Bref, que l’on soit «solo» ou pas, en couple ou pas, l’amour, il est toujours là, autour de soi et en soi. 

Même lorsqu’il est enfoui profondément, quelque part au fond de notre mémoire, il attend, patiemment, notre appel.