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Radio-Canada: la rééducation

Vidéo Radio-Canada
Capture d’écran

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Tous les employés de Radio-Canada sont obligés de suivre une formation d’ici le 31 mars. 

Pas une formation pour faire de meilleures réunions Zoom ou mieux maîtriser un logiciel ou concilier télétravail et vie de famille.

Non : une formation pour être plus inclusifs, reconnaître leurs biais inconscients, leurs privilèges et ne pas commettre de micro-agressions.

Oui, mesdames et messieurs ! Alors que la moitié du monde ne sait pas si elle va se faire vacciner à temps, les Radio-Canadiens s’inquiètent d’une pandémie de... préjugés inconscients. 

Alors que le monde des médias est frappé de plein fouet par la crise, mis à genoux par les GAFA, que les mises à pied se poursuivent à la pelle, dans le petit monde de Radio-Canada, la priorité c’est de rééduquer son personnel pour qu’il change ses « comportements problématiques potentiellement blessants ».

AUTOFLAGELLATION

Des sources à l’interne m’ont envoyé un lien pour la formation sur les préjugés inconscients. C’est une longue vidéo (une heure au total) où l’on s’adresse aux employés comme s’ils étaient des enfants du primaire.

Dans son introduction, la directrice Catherine Tait affirme que « le racisme systémique est présent dans notre société et dans nos institutions publiques — y compris au sein du diffuseur public. »  

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

La première illustration est un dessin sur lequel on voit une femme noire, un homme au teint basané, une Asiatique handicapée, une femme voilée, une femme autochtone, un être humain non binaire tatoué. (Je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas de petite personne albinos horizontalement différente).

Voici ce qu’on trouve dans cette vidéo :

- Il faut « reconnaître, cibler et éliminer » les préjugés inconscients.

- Qui est privilégié au Canada ? « Les blancs, les hommes, les hétérosexuels, les personnes physiquement aptes, riches et instruites ».

- « Prenez conscience de vos privilèges et de votre pouvoir et partagez-les. »

- « Aucune victime de micro-agressions ne devrait avoir à vivre seule avec sa souffrance. »

- Il ne faut pas parler d’un quartier qui a un taux de criminalité élevé en disant qu’il est « peu recommandable » parce que c’est porter un jugement.

- On nous propose une mise en situation. Deux collègues discutent. L’un d’eux fait référence à un collègue, Alexandre. L’autre ne voit pas de qui il s’agit. « Il s’appelait Julie avant ». Que nous dit la petite voix de la vidéo ? « Mentionner l’ancien prénom d’Alexandre n’était ni nécessaire ni approprié, parce que ça s’appelle “morinommer”, utiliser l’ancien prénom d’une personne transgenre ».

- Les micro-agressions, micro-assauts, micro-insultes, micro-invalidations ont des conséquences graves : ça peut aller jusqu’à d’importants troubles de santé mentale.

- Parfois, une personne qui a été micro-agressée ne sait même pas qu’elle a été blessée.

RADIO-PASSE-PARTOUT

Après m’être tapé cet interminable laïus au ton gnangnan, j’ai compris bien des choses. Dorénavant, quand j’écouterai une entrevue menée par Pénélope McQuade ou Marie-Louise Arsenault, je comprendrai pourquoi elles cherchent toujours à rééduquer les gens qui ne pensent pas comme elles.

Elles appliquent à la lettre les cours d’Inclusion 101 de la direction.

Et elles utilisent le même petit ton condescendant.