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Des PDG de l’amour qui ont du cœur au ventre

La Saint-Valentin et la pandémie font bon ménage pour les dirigeantes des sites de rencontres québécois

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Trouver l’amour n’avait déjà rien de simple avant l’arrivée du nouveau coronavirus. En cette première Saint-Valentin pandémique, les Québécois sont encore plus nombreux qu’avant à se tourner vers le web pour rencontrer quelqu’un, comme en témoigne l’engouement pour les sites et applications « made in Québec ».

On connaît tous Tinder, une application américaine souvent associée aux jeunes et aux relations éphémères. Mais le Québec n’est pas en reste avec, bien sûr, le bon vieux Réseau Contact, mais aussi avec de « plus jeunes » acteurs, comme RencontreSportive.com ou encore l’application GoSeeYou, trois entreprises dirigées par des femmes. 

Julie Pilon
Photo Agence QMI, Mario Beauregard
Julie Pilon

« On remarque une hausse des inscriptions d’environ 20 % chaque année à la Saint-Valentin », indique la directrice générale de Réseau Contact, Julie Pilon. 

Mme Pilon est à la tête de ce site bien connu des Québécois depuis un peu moins de deux ans. Elle constate que le confinement n’a pas mené à une augmentation marquée des membres. 

« Le besoin d’amour traverse les temps, les guerres... et même les pandémies », rigole-t-elle. 

Le site, qui célèbre ses 25 ans cette année, compte environ 115 000 membres dont la moyenne d’âge est de « 50 à 55 ans ». Plus de 70 % d’entre eux ont 40 ans et plus. 

« On est un précurseur, on est un réseau social depuis 25 ans ! » lance la DG. 

Et plus si affinités

Alors que Réseau Contact ratisse large, chez RencontreSportive.com, on a décidé de miser sur un secteur un peu plus niché. 

Anne-Marie Lefebvre
Photo Agence QMI, Mario Beauregard
Anne-Marie Lefebvre

« On n’est peut-être pas mainstream comme Réseau Contact, mais on a une clientèle qui a des intérêts très similaires et c’est pour ça que ça fonctionne », note la fondatrice et propriétaire, Anne-Marie Lefebvre.

Ce qui était, au départ, en 1999, un site où des femmes se réunissaient pour organiser des activités est devenu un site de rencontres par la force des choses. 

« Ce n’était pas mon plan d’affaires, mais c’est vraiment ce que ma clientèle voulait », avoue celle qui est organisatrice d’événements à la base. 

Aujourd’hui, plus de 80 sports et activités – du rallye automobile à la raquette – sont répertoriés sur RencontreSportive, qui compte 75 000 membres, avec une moyenne d’âge de 47 ans. 

Mme Lefebvre lancera sous peu un autre volet, RencontreCulturelle. Après le sport, les arts. 

« Pour qu’un couple fonctionne, ça prend des valeurs communes, mais ça prend aussi un mode de vie semblable », croit-elle. 

Et tant qu’à s’assumer comme site de rencontres, aussi bien le faire jusqu’au bout : après le volet culturel, elle compte lancer une application, puisque RencontreSportive n’est disponible que sur le web pour le moment. 

Pandémie profitable

Si la pandémie a été « très profitable » pour le site, Mme Lefebvre constate que les gens sont surtout plus motivés que jamais à faire des rencontres, encore plus à l’approche de la Saint-Valentin. 

Mélanie Trudel
Photo Didier Debusschère
Mélanie Trudel

C’est aussi ce que remarque la fondatrice de GoSeeYou, le petit dernier dans le monde des rencontres au Québec. 

« C’est encore plus évident depuis le couvre-feu », assure Mélanie Trudel, qui gère aussi Célibataire Québec.

GoSeeYou est ce qui se rapproche le plus de Tinder, puisque le service n’est disponible que par application mobile et offre notamment la géolocalisation. 

Présentement, les échanges sur le service sont très nombreux. 

« On parle de 50 000 à 150 000 messages par jour, alors qu’en temps normal, c’est plutôt 15 000 à 50 000 », explique Mme Trudel. 

Oui, dit-elle, la Saint-Valentin fait augmenter l’activité, comme chaque année. Mais en pandémie, la hausse a été encore plus marquée lors du temps des Fêtes, une première. 

GoSeeYou a dépassé les 100 000 téléchargements en décembre et est populaire auprès des 35 à 55 ans. 

« La grande majorité des gens cherchent des relations sérieuses et pas juste du consommer-jeter », illustre par ailleurs l’entremetteuse professionnelle. 

Mme Trudel a aussi lancé un volet « Olé » lors de la deuxième vague, un service pour couples libertins. 

« Mes clients célibataires se faisaient relancer par des couples qui voulaient mettre du piquant dans leur vie », dit-elle d’un ton coquin.

Elle offre même le service, qui compte déjà 1000 profils, gratuitement, pour la Saint-Valentin. 

Fin des activités 

Si Réseau Contact le faisait moins, RencontreSportive et GoSeeYou misaient beaucoup sur les activités de groupe et les voyages pour assurer leur survie. 

La montée en flèche des inscriptions avec la pandémie est d’autant plus salvatrice. 

« Un volet de la business est tombé, le numérique a augmenté et le défi, maintenant, c’est de se faire connaître », reconnaît Mélanie Trudel. 

Les trois services ont tous un volet gratuit et des fonctionnalités payantes. Pour l’instant, donc, aucun besoin de leur prévoir un blind-date avec un huissier.  

Réseau Contact  

  • Patronne : Julie Pilon, 44 ans 
  • Fondé en 1996 
  • 115 000 membres 
  • 50 % femmes – 50 % hommes   

RencontreSportive  

  • Patronne : Anne-Marie Lefebvre, 51 ans 
  • Fondé en 2002 
  • 75 000 membres  
  • 47 % femmes – 53 % hommes   

Go See You   

  • Patronne : Mélanie Trudel, 39 ans 
  • Fondé en 2018 
  • 100 000 téléchargements (utilisateurs uniques) 
  • 40 % femmes – 60 % hommes