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Insalubrité des logements: l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve pointé du doigt

Insalubrité trouble d'accumulation
Capture d'écran, TVA Nouvelles

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Les problèmes de chauffage, les pénuries d’eau chaude et les infestations de coquerelles font partie du quotidien de bien des locataires dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve; et pourtant, l’arrondissement est accusé de se traîner les pattes quand il est question de sévir contre les propriétaires négligents. 

«Il y a un certain laisser-aller de la part de l’arrondissement au sujet de la salubrité», a laissé tomber en conférence de presse, samedi, Jean-Christophe Bureau, responsable des services juridiques pour l’organisme Infologis.

Concrètement, le milieu communautaire reproche au maire Pierre Lessard-Blais de tarder à mettre en œuvre différentes mesures qui ont porté leurs fruits ailleurs dans la métropole.

Mise en demeure encombrante

L’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, par exemple, n’impose plus aux locataires d’envoyer une mise en demeure avant la venue d’un inspecteur de la Ville.

«On a senti une certaine ouverture de la part du cabinet du maire. Par la suite, ils nous ont dit qu’ils allaient procéder à une période test. Mais concrètement, rien n’a changé. Quand les locataires appellent au 311, on leur répond systématiquement qu’ils doivent envoyer une mise en demeure», a dénoncé Jean-Christophe Bureau.

Selon lui, l’envoi d’une mise en demeure peut retarder le processus de quelques semaines avant la venue d’un inspecteur. Cette étape représente en plus une grande source de stress pour certains locataires en situation précaire, a-t-il poursuivi.

«Ce n’est pas tout le monde qui peut écrire une mise en demeure, il y a beaucoup d’analphabétisme. Il y a aussi des locataires qui ont peur des représailles de la part de leur propriétaire. Il y a beaucoup de situations de violence», a énuméré M. Bureau.

Un rapport d’inspection peut être très utile pour un locataire qui décide de quitter un appartement insalubre avant la fin de son bail. Si son propriétaire décide de recourir au Tribunal administratif du logement par la suite, le locataire peut citer le rapport comme preuve pour démontrer qu’il avait raison de lever les voiles.

Peu de sanctions

À terme, la visite d’un inspecteur peut aussi se matérialiser en sanctions pour un propriétaire récalcitrant. Or, cela n’arrive pas assez souvent dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, aux dires de Jean-Christophe Bureau.

«Si le problème ne se règle pas, le locataire n’est pas informé. [...] L’inspecteur fait un suivi, mais pendant ce temps, le locataire continue d’avoir des coquerelles pendant des semaines», a-t-il tonné.

Un arrondissement a le pouvoir de délivrer un avis de détérioration au registre foncier pour les bâtiments qui présentent d’immenses problèmes de détérioration. Cette mesure peut forcer un propriétaire à faire des travaux avant de revendre son immeuble.

Selon Infologis, 16 avis du genre ont été envoyés à Montréal, la plupart dans les dernières années, mais aucun dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, pourtant l’un des arrondissements les plus touchés par le fléau de l’insalubrité.

L’administration vante son bilan

En entrevue avec l’Agence QMI, le maire Lessard-Blais a défendu le travail de son administration. Il a soutenu que l’avis de détérioration était une mesure extrême et que d’y avoir recours pouvait mener des locataires à la rue, comme cette mesure empêche un propriétaire de louer ses appartements le temps qu'il règle le problème.

«Ce qui oriente nos décisions, c’est d’améliorer la qualité de vie des locataires sans mener à des expulsions», a souligné l’élu de Projet Montréal, le parti de la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

Pierre Lessard-Blais a également réitéré que son arrondissement n’obligera plus les locataires à mettre en demeure leur bailleur avant de recevoir la visite d’un inspecteur.

Un simple avis écrit au propriétaire sera suffisant pour qu’un inspecteur se déplace. Rien toutefois pour rassurer les locataires vulnérables qui craignent les représailles, a reconnu le maire.

«C’est vrai que ça pose encore un enjeu sur la relation entre le locataire et le propriétaire. Mais le Tribunal administratif du logement demande au moins un avis écrit», a-t-il spécifié.