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L’après-pandémie : garder le bon, c’est possible ?

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La liste des méfaits de la COVID-19 qui dure depuis bientôt un an semble bien longue. Mais voilà qu’une lumière apparaît au bout du tunnel, celle de la vaccination qui pourrait nous permettre – éventuellement – de revenir à une certaine normalité. La vie d’avant, diront certains. Malgré la dureté de l’hiver, et sans minimiser la gravité de la situation, on peut déjà tenter d’établir un petit bilan positif de nos apprentissages et des changements survenus dans nos vies depuis les débuts de cette crise.  

On tend à sous-estimer grandement nos capacités d’adaptation tant que nous ne sommes pas confrontés à un changement de réalité aussi drastique qu’une telle crise. Du jour au lendemain, il nous a fallu réorganiser nos vies, qu’il s’agisse du travail, de l’école, ou encore des rituels familiaux. 

En ce sens, la première chose que cette pandémie nous a permis d’apprendre, c’est à quel point nous sommes en mesure de nous adapter à une situation qui nous est totalement inconnue, et à le faire à la vitesse grand V. 

Si pour certains le sommeil a représenté un plus grand défi, et même si les incertitudes face à l’avenir peuvent être angoissantes, le rythme de vie a malgré tout ralenti, créant pour plusieurs un contexte plus favorable au sommeil. Les options d’activités déjà limitées avec le confinement, et encore davantage depuis l’arrivée du couvre-feu, font en sorte que l’on se couche souvent moins tard. Quant au télétravail, il nous évite d’avoir à nous lever aux aurores afin d’attraper l’autobus en vitesse, déneiger sa voiture, ou encore de passer un long moment stressés dans des embouteillages !

Et si beaucoup se plaignaient des repas vite expédiés, ou de la difficulté de réunir parents et enfants à la même table, le confinement nous a permis de renouer avec les vertus de la vie de famille. Peut-être un peu trop par moments, avouons-le ! Mais après la pandémie, nous pourrions trouver un juste équilibre entre le « tous ensemble, tout le temps » et le « chacun vissé à son écran ». 

Ce qui ne nous manque pas 

Certains l’ont chuchoté, d’autres l’ont dit haut et fort : l’absence des rassemblements obligés du temps des Fêtes n’avait pour certaines personnes rien de tragique, bien au contraire. 

Les vacances de Noël 2020 sont devenues pour plusieurs de vraies vacances, une pause pour se reposer au lieu d’une course effrénée d’un endroit à l’autre, les bras chargés de cadeaux et de plats cuisinés jusqu’à tard la veille. 

Au fond, nous souffrons tous de l’absence de nos familles et amis, mais surtout des plus proches, ceux avec qui les liens sont profonds et significatifs. Quant aux 5 à 7 de bureau ou autres obligations sociales, plusieurs ne les regrettent pas, car parfois leur superficialité ennuie et exige beaucoup d’énergie, quand ils ne provoquent pas un surcroît d’anxiété. 

Depuis mars dernier, tout tourne au ralenti : les trottoirs sont moins bondés, la circulation automobile est moins dense, nos quartiers moins frénétiques. Cette accalmie peut s’avérer bienfaisante. Le FOMO (la peur de manquer quelque chose), cette obsession de vouloir être partout à la fois et qui nous met à bout de souffle, a laissé place à un tempo plus lent, bénéfique pour notre santé mentale. 

Penser à l’après 

Peu importe la conclusion de la pandémie, elle nous a déjà tous inévitablement transformés, et une fois cet épisode terminé, il faudra encore... nous adapter. Car la reprise de la vie d’avant ne sera pas automatiquement confortable. Après tout, nous avons été déconditionnés, et notre corps a dû s’adapter à un tout nouveau rythme. Il ne faudra donc pas s’inquiéter dans les premiers temps si, par exemple, il nous est désormais plus difficile de sortir de chez nous.

Un événement d’une telle ampleur laisse aussi des marques qui ne disparaissent pas du jour au lendemain. Certains ont été privés de la proximité, des contacts sociaux, de câlins, tandis que d’autres ont vécu des problèmes d’anxiété, ont perdu un proche, ou ont vu leur santé physique ou psychologique se détériorer. 

En ce sens, chacun vivra très différemment la fin de cette crise et le retour à une certaine normalité.

Séparer le bon grain de l’ivraie

La dernière année en a été une d’adaptation et de prise de conscience. Elle nous a permis de mieux identifier et reconnaître ce qui était réellement important, de prendre conscience des gens qui comptaient vraiment, et aussi d’adopter certaines habitudes de vie plus saines, ou encore de découvrir de nouvelles passions. 

Quand les restrictions seront levées et nos libertés retrouvées, que restera-t-il de toute cette expérience ? 

Évitons de jeter le bébé avec l’eau du bain, et sachons séparer le bon grain de l’ivraie, car tout ce que nous aurons vécu ne sera pas vain. Si nous avons la sagesse de conserver le bon, les apprentissages et les changements positifs survenus dans nos vies depuis le début de cette crise, on pourra alors vraiment dire que nos efforts de la dernière année continueront à porter leurs fruits.