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COVID-19: un produit d’ici pour les classes sans ventilation

Une entreprise québécoise offre un purificateur d’air portatif qui aurait soulevé l’intérêt du gouvernement

Eodeair Ionic 
Eodeair Ionic
Photo courtoisie Le Eodeair Ionic à l’œuvre dans une salle de réunion.

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Deux entrepreneurs québécois sont convaincus d’avoir développé un purificateur d’air portatif efficace pour lutter contre la COVID-19, parfaitement adapté aux salles de classe et affirment même avoir soulevé l’intérêt du gouvernement.

Anthony Fasciano et Enrico Di Pietro, ingénieurs en mécanique du bâtiment, œuvrent dans le domaine de la ventilation depuis 20 ans.

Ils sont à la tête du Groupe Eode, une entreprise de Terrebonne qui depuis cinq ans distribue des produits de ventilation et d’assainissement de l’air, dont ceux de la firme américaine GPS utilisant le principe de l’ionisation. D’autres entreprises offrent aussi des produits similaires.

«L’ionisation permet un échange d’électrons avec les virus qui va mettre un terme à son mécanisme de reproduction. Quand on maintient l’ionisation suffisamment longtemps, éventuellement, le virus va être désactivé», explique M. Di Pietro.

D’autres traitements des virus existent, comme la filtration et les ultraviolets. Mais ils sont limités à traiter l’air à l’intérieur du système de ventilation. L’ionisateur utilise le système de ventilation pour disperser des ions dans l’air.

Avantages

«Un système de ventilation n’est pas bon pour aspirer les contaminants ou les virus. La poussée de l’air est beaucoup plus efficace et on sait que les ions vont atterrir sur les surfaces pour traiter la charge virulente», ajoute M. Di Pietro.

«Les tests en laboratoires indiquent que 85% des virus sont désactivés sur les surfaces après 15 minutes et 99,4% après 30 minutes», renchérit M. Fasciano.

Les deux entrepreneurs utilisent volontairement le terme «traitement des surfaces». Les tests en laboratoire sont beaucoup plus difficiles à réaliser sur les aérosols, sans doute un prochain défi pour les chercheurs.

«Ultimement, le virus va s’écraser sur une surface [en raison de son poids]. Le principe fonctionne. Il faut s’assurer d’avoir un dispositif qui va amener les ions efficacement à destination», estime M. DiPietro.

Eode propose des appareils d’ionisation pour les systèmes de ventilation existants à compter de 2000$ et pour «20 000$, il est possible de traiter une tour à bureaux de sept étages», précise M. Fasciano.

Solution maison

Mais pour les endroits où il n’y a pas de ventilation, ou pour traiter une pièce spécifique, comme une salle de classe, Eode a conçu une unité portative, le Eodeair Ionic. L’appareil ajoute à l’unité d’ionisation un filtre, un ventilateur et un tube de dispersion.

«On utilise l’ionisateur de GPS, le reste, on l’assemble à notre usine de Terrebonne», indique M. Di Pietro.

«L’air est lancé dans la pièce au complet. Un appareil peut traiter une classe de 20 pieds par 30. Il peut être déplacé dans la cafétéria ou le gymnase. La ventilation est modulable et on peut l’adapter aux besoins. Certains l’ont demandé avec des roulettes», ajoute son collègue. 

Les concepteurs précisent que le Eodeair Ionic est conçu pour que les personnes les plus proches de l’appareil ne sentent pas de courant d’air. Ils affirment que l’appareil est silencieux, assez robuste pour survivre aux abus d’élèves du secondaire, économe en électricité, facilement déplaçable grâce à un poids inférieur à 20 kg, et que son développement se poursuivra.

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«On s’est fait approcher par des CHSLD. On en a dans une dizaine d’écoles. L’école Saint-Joseph à Montréal en utilise 14, mais on est plus présent dans les bureaux d’entreprises. On en fait, c’est l’enfer. On a fait un prix agressif, 1500$», lance M. Fasciano.

Les inventeurs estiment même que leur appareil pourrait contribuer à la réouverture des restaurants, cinémas et centres de conditionnement physique.

«Le gouvernement pourrait permettre la réouverture de ceux-ci en gardant les mesures de distanciation, masque, gel désinfectant, etc. L’enjeu présentement est que l’air n’est nullement traité ni les surfaces, or avec l’ionisation, nous ajoutons une mesure de prévention supplémentaire», estime M. Fasciano.

«De plus, nous avons des ionisateurs assez petits qui pourraient être installés dans la ventilation des autobus scolaires ou municipaux ainsi que dans le métro ou les trains», avance-t-il.

Intérêt

Les ingénieurs ont demandé à leurs clients de les tenir au courant si des éclosions se produisent dans les milieux traités. «C’est encore trop tôt pour tirer des conclusions, mais en mars, on pourrait être en mesure d’aller chercher des chiffres», espère M. Di Pietro.

«On est capable de mesurer le nombre d’ions produits dans une pièce par l’appareil, mais il n’y a pas encore de compteur pour calculer les virus désactivés. L’ionisation est une mesure de plus pour contrer la propagation des virus, mais ça ne remplace pas le masque et le lavage de mains», reconnaît M. Fasciano.

Ce dernier a aussi réagi au rapport remis au début du mois au gouvernement concernant la qualité de l’air dans les classes qui était qualifiée de bonne sur la base de la concentration de CO2. «On ne remet pas en question les conclusions. Mais ça ne répond pas à la vraie question, comment on peut contrer la propagation de la COVID ou des autres virus comme la grippe et la gastro?»

Eode a récemment engagé un lobbyiste pour promouvoir son produit auprès du gouvernement. Mardi, ils ont eu une rencontre virtuelle avec des membres du cabinet du ministre de l’Économie et de l’Innovation Pierre Fitzgibbon.

«Ils sont très intéressés par notre produit. On pousse fort parce qu’on a confiance que l’appareil peut avoir un gros impact», conclut Anthony Fasciano.

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