/misc
Navigation

Fusil chargé sur la tempe, sabre dans le dos, oui, j’ai craint pour ma vie

brulotte
Photo courtoisie Diane Lamarre, professeure de clinique, Faculté de pharmacie, UdeM

Coup d'oeil sur cet article

Cette semaine, j’ai pu m’entretenir avec une pharmacienne de carrière, Diane Lamarre, aujourd’hui communicatrice scientifique en santé à TVA Nouvelles et à LCN dans le contexte de la pandémie de COVID-19. 

Son cheminement de carrière est exemplaire. Autrefois jeune étudiante de Longueuil, elle est devenue une sommité mondiale dans le secteur de la santé.


Êtes-vous originaire de Longueuil ?

La famille Lamarre est l’une des premières familles à prendre pignon à Longueuil en 1657. J’habite même sur un petit morceau des terres du premier Lamarre.


Racontez-nous un beau moment familial de votre jeunesse. 

Le samedi, c’était la soirée du hockey devant le téléviseur. Quand le CH comptait un but, mon père poussait le pouf avec ses pieds jusqu’au corridor.


Avez-vous un beau souvenir d’un match de hockey ?

Vers l’âge de 6 ans, j’ai assisté à un match du Canadien au Forum. Une fois assise dans mon siège, je m’imaginais que si le gardien de but était blessé, le Canadien ferait appel à mes services.


Aimez-vous jouer au hockey ?

J’aurais tellement aimé jouer au hockey, mais, malheureusement, il n’y avait pas d’équipes de filles à ce moment.


Quel était votre emploi de jeunesse ?

À 15 ans, j’ai travaillé avec mon père, qui était chef pâtissier à la boulangerie Mainville, à Longueuil.


Est-ce que le décès de votre père a été difficile ?

Papa est décédé subitement à 45 ans, alors que j’avais 16 ans. J’ai eu beaucoup de peine comme toute ma famille, ma mère, mon petit frère et ma petite sœur. Ça a bouleversé nos vies. C’est une épreuve qui m’a obligée à foncer dans la vie.


Avez-vous participé à une grève étudiante à l’Université de Montréal ?

J’étais la seule fille au conseil étudiant de la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal. On a fait une grève de 3 semaines. On avait trop d’heures de cours à fabriquer des suppositoires et pas assez à détecter les interactions médicamenteuses. On a réussi.


Avez-vous réussi à influencer votre profession de pharmacienne ?

Récemment, j’ai fait adopter une loi qui permet de nouveaux actes aux pharmaciens. Ils peuvent ainsi mieux prendre soin des Québécois.


Avez-vous voyagé beaucoup dans le monde à cause de votre travail ?

J’ai été invitée à présenter plus d’une centaine de conférences sur les cinq continents. 


Combien de fois êtes-vous allée en Haïti ? 

J’y suis allée 11 fois. À Léogâne, à Port-au-Prince, à Labrousse pour soigner des enfants dans des orphelinats et donner des cours à l’université.


Comment avez-vous évité les mines antipersonnel en Bosnie-Herzégovine ?

Les consignes étaient claires : interdiction absolue de marcher dans l’herbe, il y avait des mines cachées partout.


Avez-vous vécu la guerre au Kosovo ?

En 1998, j’étais dans les Balkans quand la guerre a été déclarée. Rapidement, les autorités nous ont aidés à quitter le pays.


Vous me dites que cinq fois, votre vie a été en péril. 

Oui, cinq fois, mais ce n’était pas au Kosovo ni en Bosnie.  


Mais à quel endroit avez-vous eu tellement peur ?

J’ai survécu à cinq vols à main armée à l’époque où je travaillais dans une pharmacie sur la rue Sherbrooke à Montréal. Fusil chargé sur la tempe, sabre dans le dos, oui, j’ai craint pour ma vie chaque fois.


Permettez-moi de changer de sujet, je suis un peu ébranlé. À quel endroit préférez-vous faire de la voile ? 

Mon mari, Jean Guy Renaud, et moi aimons faire de la voile sur le lac Champlain et dans les îles Vierges britanniques.


Avez-vous reçu un doctorat honoris causa ? 

L’Université Laval m’a décerné ce doctorat afin de reconnaître ma contribution aux soins pharmaceutiques ici et ailleurs dans le monde. J’en ai été très honorée.


Avez-vous un petit coup de cœur parmi les honneurs que vous avez reçus ?

Mon alma mater, l’Université de Montréal, m’a décerné le titre de « Bâtisseur de la Faculté de pharmacie » et lorsqu’en 2018, j’ai été nommée ambassadrice de mon cégep, Édouard-Montpetit. 


Quelle a été la plus belle mission étrangère que vous avez accomplie ?  

Quelques mois après la guerre en Bosnie, Pharmaciens sans frontières et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) m’ont demandé d’accompagner six femmes qui ont fait adopter la réforme en santé : deux Serbes, deux Croates et deux Bosniaques pour qui j’ai encore beaucoup d’admiration.


Quelle personne aimeriez-vous rencontrer ?

Le réputé immunologue américain, le Dr Anthony Stephen Fauci, qui a été le conseiller de sept présidents des États-Unis sur les maladies infectieuses. 


Quelle est votre plus grande fierté ? 

Mes trois enfants et leur famille, j’ai trois petites-filles : beaucoup de complicité, d’humour et d’amour.