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Les variants sont plus présents qu'on le pense, prévient une experte

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Malgré les données encourageantes des dernières semaines, le Québec n’est pas à l’abri d’une nouvelle explosion de cas de COVID-19, préviennent des experts, notamment en raison de la prévalence encore méconnue des variants dans la province. 

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«On a commencé très tard à essayer de détecter les variants dans la population. Je pense qu’on sous-estime certainement le nombre de variants et la prévalence des variants au Québec et au Canada. Il y a certainement plus de cas qu’on pense», avertit la professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal Roxane Borgès Da Silva.

La plus récente mise à jour des données de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) ne fait état que de 11 cas confirmés de variants dans la province (huit britanniques, deux sud-africains et un sous investigation).

Or, la Santé publique de Montréal a indiqué, plus tôt cette semaine, que 23 cas étaient considérés comme suspects et que 12 autres avaient été établis par lien épidémiologique, laissant croire que le variant britannique s’est bel et bien implanté dans la métropole.

«Il faut faire très attention et vraiment respecter les gestes barrières ainsi que l’isolement de manière scrupuleuse afin de s’assurer qu’on ne parte pas une transmission communautaire des variants très forte», rappelle la professeure.

La situation montréalaise inquiète aussi le gouvernement Legault. Le ministre de la Santé Christian Dubé a annoncé, jeudi, que tous les tests menés à Montréal seront désormais analysés afin d’y détecter la présence de variants.

À l’échelle canadienne, on recense 429 cas confirmés du variant britannique, 28 du variant sud-africain et un du variant brésilien.

L’échec de la mitigation?

Devant la propagation de ces variants, de plus en plus de voix s’élèvent pour remettre en question la stratégie de mitigation adoptée par les pays occidentaux, dont le Canada.

Les critiques donnent l’exemple de plusieurs pays asiatiques, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, qui ont tous visé une éradication du virus à l’aide de méthodes-chocs. La ville d’Auckland, en Nouvelle-Zélande, vient justement d’être reconfinée après la découverte d’un foyer d’infection.

«On a décidé de vivre avec le virus pour essayer de ne pas avoir trop d’impacts sur notre économie, sur la santé mentale et sur les aspects sociaux. Ce n’est peut-être pas la bonne solution. Plus le temps passe, plus on voit que des pays comme la Nouvelle-Zélande et l’Australie s’en sortent mieux économiquement et dans les aspects de santé mentale», note Mme Borgès Da Silva.

Et même si les vaccins ont commencé à être administrés, le jour où la COVID-19 cessera d’affecter notre quotidien est encore loin, prévient l’experte.

«Je ne sais pas si on va pouvoir revenir à une vie pseudo normale parce qu’on ne voudrait pas se retrouver avec une très forte transmission communautaire et donc se retrouver avec des éclosions dans des milieux de travail, note-t-elle. Il va falloir vacciner toute la population pour pouvoir arriver à un retour à une vie normale.»

Situation au Québec

En date du

Cas confirmés

Total

Décès

Total

Vaccins administrés

Total 84 837+ 9 264

Tests effectués

Total 5 195 725+ 35 114

Hospitalisations

Total

Soins intensifs

Total

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