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La peur au pouvoir

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Photo AFP Le sénateur républicain Mitch McConnell.

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L’extraordinaire lâcheté des élus républicains n’a échappé à personne. Sous prétexte que le procès en destitution était anticonstitutionnel, ce qui est faux, la presque totalité des élus républicains a décidé d’acquitter Trump. Nos dirigeants sont-ils à l’abri de ce genre de lâcheté ? Malheureusement non.

La plus belle preuve de la lâcheté des républicains a été offerte par leur leader au Sénat, Mitch McConnell. Quelques minutes après le vote, il a déclaré que Trump était sans conteste responsable de l’insurrection. Mais ajoute McConnell, le Sénat ne peut pas démettre un président qui n’est plus en fonction. Pourtant, la vaste majorité des experts juridiques pensent le contraire. 

  • Écoutez Loïc Tassé avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

McConnell s’en est remis aux cours fédérales de justice pour poursuivre Trump. Combien de temps faudrait-il aux procureurs pour faire condamner Trump ? Probablement des années.

La seule explication qui tient la route pour expliquer leur décision est la lâcheté. Une veulerie nourrie par l’influence encore forte de Trump dans le Parti républicain. 

On aurait tort de se moquer des élus républicains et de supposer que les actes de lâcheté politique n’existent pas non plus dans nos sociétés.

Manque de courage

C’est que la plupart des élus détestent agiter l’électorat avec des questions controversées. Entre les tempêtes médiatiques que certaines prises de position pourraient déclencher et le calme relatif de l’inaction ou des réponses floues, ils préfèrent les secondes. Il faut en effet une bonne dose de courage pour admettre des vérités qui choquent.

Des exemples ? 

Combien de politiciens osent-ils dire que Montréal n’a jamais été un territoire mohawk ? 

Combien de politiciens osent-ils dire que les dérives racistes des wokes sont de l’impérialisme culturel américain ?

Combien de politiciens osent-ils expliquer que les fondamentalistes religieux sont dangereux pour les démocraties ?

Conséquences lourdes

Les conséquences de ce genre de déclarations sont faciles à prédire.

Voyez-vous Valérie Plante admettre que les Mohawks ne sont pas des fondateurs de Montréal ? Toute l’industrie de la défense des autochtones lui tomberait dessus et elle perdrait une partie du vote des Anglo-Montréalais. Ces derniers sont en pleine contrition en raison de la Loi sur les Indiens. (Mais ils ne ressentent aucun remords pour la manière dont ils ont historiquement traité les Québécois francophones).

Voyez-vous Gabriel Nadeau-Dubois expliquer qu’il y a tout au plus 300 000 personnes de race noire au Québec et que leur absence relative de diverses instances décisionnelles s’explique en bonne partie par ce nombre, mais aussi par la jeunesse de cette population et par son arrivée récente au Québec pour une grande proportion d’entre elles ? Jamais la base militante de QS n’accepterait ces arguments. 

Enfin, entendez-vous beaucoup de politiciens à Ottawa s’interroger sur le projet de loi français contre le séparatisme islamiste ? Surtout pas. Les fondamentalistes religieux fournissent trop de précieux bénévoles lors des élections fédérales.

Plusieurs élus américains manquent de courage. Mais regardons aussi dans notre propre jardin.