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Une saga qui n’en finit pas

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C’est aujourd’hui que l’humoriste Mike Ward sera entendu par le plus haut tribunal du pays dans la cause l’opposant au comédien et chanteur Jérémy Gabriel.

L’histoire, en trois tomes, a débuté il y a quelques années (attention, je vais divulgâcher).

Le premier tome, Mike Ward au Tribunal des droits de la personne, se termine en 2016, alors que l’humoriste est condamné à dédommager financièrement Jérémy Gabriel et sa mère, pour des blagues « trash » qu’il a faites à l’endroit du jeune homme dans un spectacle présenté 230 fois.

Dans le deuxième tome, Mike Ward à la Cour d’appel, paru en 2019, la compensation financière à la mère est annulée, mais pas celle de 35 000 $ à M. Gabriel.

Le nouveau tome qui complète la trilogie est maintenant disponible : Mike Ward à la Cour suprême, et vous savez quoi ? Je n’ai pas envie de le lire.

Celui qui se veut être un héros défenseur de la liberté d’expression m’apparaît maintenant plutôt comme un homme qui aurait oublié d’écouter.

Dans la peau de l’autre

De 2010 à 2013, Jérémy Gabriel était un jeune adolescent quand les blagues de Mike Ward ont été propagées aux quatre coins du Québec. 

Vous rappelez-vous le début de votre adolescence ? C’est une période très difficile, d’autant plus si on a un handicap. On se cherche, on essaie de trouver notre place dans le monde. Auriez-vous été capable de forger votre identité si vous aviez été jeté en pâture publiquement à l’ensemble du Québec ?

Mike Ward semble avoir oublié une chose : avoir une grande tribune, c’est un privilège et ça vient avec des responsabilités. 

C’est bien beau de défendre corps et âme la liberté d’expression. Mais il est aussi nécessaire de développer la capacité de se mettre dans les chaussures de l’autre pour comprendre la réalité d’autrui.

Les gens privilégiés ont souvent tendance à l’oublier.