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Autant de résilience que de lacunes chez le personnel soignant des résidences pour aînés

Autant de résilience que de lacunes chez le personnel soignant des résidences pour aînés
Getty Images/iStockphoto

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Si le personnel soignant des résidences pour aînés doit composer depuis plusieurs années avec de nombreuses conditions de travail difficiles, cette réalité a été exacerbée lors de la pandémie de COVID-19, a indiqué une étude de l’Université Concordia. 

Le doctorant de l’université montréalaise Daniel Dickson et son directeur de thèse et professeur de sciences politiques, Patrik Marier, ont ainsi comparé les approches canadienne et américaine face aux éclosions dans les établissements de soins de longue durée.

«Nous voulions savoir dans quelle mesure la pandémie a entravé la capacité discrétionnaire du personnel de première ligne», a expliqué Daniel Dickson par voie de communiqué, mardi.

Dans leur compte-rendu publié le 30 décembre dernier dans la revue «Journal of Comparative Policy Analysis: Research and Practice», les chercheurs ont ainsi attesté que le personnel soignant est rarement traité à sa juste valeur alors qu’il doit composer avec la présence du virus.

Face à ces lacunes, les chercheurs ont pu constater la résistance du personnel soignant, et ce particulièrement au Québec, où un taux d’absentéisme assez élevé a été relevé dans les établissements de soins montréalais durement frappés depuis le début de la pandémie.

«Nous nous attendions à beaucoup de résistance, à ce que les membres du personnel de première ligne recherchent des façons de diverger des orientations fixées par les politiques ou démissionnent, tout simplement», a fait remarquer le doctorant.

Une certaine forme de résilience qui a également été perçue dans la rapidité d’improvisation dans la province, avec les efforts de recrutement du gouvernement auprès des professionnels de tous les secteurs de la santé, l’appel aux forces armées, ainsi que les témoignages du personnel soignant qui a notamment utilisé des filtres à café derrière leurs couvre-visages lors de la pénurie de masques N95.

D’autres cas d’innovation ont aussi pu être observés en Colombie-Britannique — avec la mise en place de protocole de rencontres sur Zoom — ou aux États-Unis où le personnel agissait en tant qu’accompagnateurs de fin de vie à la place des familles des malades.

«L’analyse a [...] mis au jour plusieurs failles importantes concernant les régimes de soins de longue durée, tant au nord qu’au sud de la frontière», a confirmé Patrik Marier.

«Nous avons souligné la supériorité du système de soins de santé canadien par rapport à celui des États-Unis, notamment sur le plan de l’accessibilité universelle. Toutefois, le Canada ne se distingue pas autant quand il est question de soins de longue durée», a conclu le professeur de sciences politiques.

Réalisée en collaboration avec l’Université de la Caroline du Sud, l’étude tient compte de 336 articles de presse faisant état de la situation sanitaire au Québec et en Colombie-Britannique, ainsi que dans les États de Washington et de l’Ohio, de la fin février à la mi-juin 2020.

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