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La thérapie de Safia Nolin chez Pénélope

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Les ondes de la radio publique sont-elles le lieu pour une thérapie ? Il faut croire que oui...

Sinon quelle serait la raison de l’entrevue de Pénélope McQuade à la Première chaîne de Radio-Canada, hier matin, avec la chanteuse et compositrice Safia Nolin ? À moins, ce qui serait plus discutable encore, que l’entretien, dont on n’avait pas manqué de faire la promotion, se justifierait uniquement par la volonté d’augmenter les cotes d’écoute.

Le créneau horaire de l’émission a longtemps permis de valoriser la culture et de traiter en profondeur de sujets de société. Hors saison, le créneau retrouve toutes ses qualités originelles avec Stéphan Bureau. Malgré sa bonne volonté, son application au travail et ses efforts d’empathie, Pénélope a beaucoup de mal à faire oublier Marie-France Bazzo, Christiane Charette et Catherine Perrin, longtemps les vestales du créneau.

À moins qu’un événement d’importance m’ait échappé, je ne comprends pas qu’on ait accordé tout ce temps d’antenne à Safia Nolin. Elle ne vient ni de sortir un album, ni de gagner un prix, ni de publier des photos controversées ou de participer à un gala dans un accoutrement inusité. La dernière fois que j’avais entendu parler d’elle, c’est par le site de Radio-Canada, en août dernier. On y annonçait qu’elle se retirait d’Instagram « à cause du climat qui y règne et parce que la plateforme la faisait souffrir ».

LES ÉTATS D’ÂME DE SAFIA

Son retrait fut de courte durée. À la fin de janvier, Safia Nolin dénonçait sur Instagram trois malotrus l’ayant insultée après avoir envahi virtuellement le cours qu’elle suit sur Zoom avec une soixantaine d’autres étudiants. L’entrevue m’aura au moins appris qu’elle est inscrite à l’université en sciences des religions. Si elle persévère, elle décrochera un baccalauréat dans cinq ans.

L’entrevue fut presque entièrement consacrée aux innombrables états d’âme de l’artiste. S’exprimant à bâtons rompus dans une langue étrange, mélange de français, d’anglais et de mots inventés, Safia Nolin s’est confiée à l’animatrice comme elle l’aurait fait à son psy. Tout au long, j’ai eu l’impression d’être indiscret, prêtant l’oreille à des propos qui devraient tenir du jardin secret de chacun.

TOUJOURS SUR INSTAGRAM

La chanteuse a parlé de sa relation particulière avec sa « grande best friend », la chienne Pizza-ghetti ; du trop grand nombre de personnes qui ne la comprennent pas et qui semblent la prendre pour une « mad scientist » ; de sa taille et de sa moustache qu’elle aime de plus en plus ; du bon sens de l’équipe qui la « calle » chaque fois qu’il est nécessaire ; des coups qu’elle mange à cause de sa trop grande combativité ; du prix exorbitant qu’elle a payé pour sa dénonciation de Marie-Pier Morin, dont elle devrait savoir « d’ici à 25 ans si l’affaire en valait la peine », etc., etc.

La chanteuse a choisi de dénoncer Marie-Pier Morin sur Instagram plutôt qu’à la police parce que « le système judiciaire, dit-elle, n’est pas prêt à recevoir ce genre d’affaires là ». Là-dessus, se défaisant prudemment de son habituelle défroque de militante, Pénélope a répliqué « que le système de justice fonctionne dans plus de cas qu’on pense ». Si j’ai bonne mémoire, elle avait laissé entendre le contraire lors de son tête-à-tête avec Julie Snyder à La semaine des 4 Julie, le 29 septembre dernier.

Ce n’est pas avec ce genre d’entrevue que la Première chaîne imposera Pénélope McQuade comme l’animatrice capable de faire oublier celles si chevronnées qui l’ont précédée.