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Les agents des services correctionnels veulent des ajustements aux mesures sanitaires

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Les agents correctionnels du Québec exigent que les prisons obligent désormais les détenus à mieux respecter les mesures sanitaires contre la propagation de la COVID-19 comme le port du masque et la distanciation sociale dans les aires communes.  

« À l’intérieur des aires communes, il n’y a pas d’obligation de porter le couvre-visage et de limitation sur le nombre de personnes. On trouve que c’est un peu aberrant compte tenu de ce qui est imposé dans la société, dans les résidences pour personnes âgées, les écoles », dénonce Mathieu Lavoie, président du syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec. 

Le syndicat a donc porté plainte auprès de la direction de tous les établissements de détention de la province et réclame une intervention de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).  

On demande que les changements s’opèrent dans les plus brefs délais.  

Deux poids, deux mesures 

Il espère que le ministère de la Sécurité publique va agir pour rendre obligatoire aux personnes incarcérées le port du couvre-visage dans les aires communes des secteurs d’hébergement, lors des déplacements à l’intérieur de l’établissement de détention, la distanciation sociale en tenant compte de la superficie du secteur de vie et des mesures d’hygiène corporelle, selon le document dont Le Journal a obtenu copie. 

« On trouve que c’est deux poids, deux mesures, ça n’a pas d’allure, déplore M. Lavoie, alors que les agents correctionnels doivent porter de l’équipement de protection. On devrait l’imposer, mais on ne sent pas une volonté pour le faire. Présentement, c’est seulement lorsque les détenus se déplacent qu’ils doivent porter un masque. » 

Propagation et fatigue 

Selon lui, ce manque de mesures pourrait avoir contribué aux nombreuses propagations ayant eu lieu dans les différentes prisons du Québec.  

Il y a présentement 172 cas actifs de COVID-19, la grande majorité dans l’établissement de Montréal, plus connu sous le nom de Bordeaux.  

Il y a aussi des cas à Saint-Jérôme, Québec (secteurs masculins et féminins) et Rivière-des-Prairies, selon le site du gouvernement du Québec.  

« L’employeur contrevient à ses obligations et compromet ainsi la santé et la sécurité de ses membres en refusant de prendre les mesures nécessaires pour que les agents exercent leur travail en toute sécurité à travers les établissements de détention du Québec », soutient la plainte du syndicat. 

La fatigue se fait également sentir après plus de 11 mois à combattre la pandémie.  

« Les agents sont épuisés actuellement. On a 30 % du personnel en absence ou en postes vacants », affirme Mathieu Lavoie, ajoutant que s’il y a moins d’éclosions, moins d’agents devraient s’absenter.