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Quand l’université trahit sa mission

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François Legault a frappé fort en disant qu’il se porterait à la défense de la liberté d’expression dans les universités.

Il frappait d’autant plus fort qu’il montrait bien avoir compris que la gauche woke qui n’y est plus confinée pèse de plus en plus sur notre vie publique. 

Censure

La gauche woke n’est pas composée que de militants radicaux un peu grotesques qu’il suffirait de remettre à leur place en leur apprenant les bonnes manières et en les éduquant sur le principe de tolérance intellectuelle.

On pourrait même dire qu’elle est dominante dans les départements de sciences sociales, dans les organismes culturels et à la radiotélévision fédérale. 

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Son vocabulaire colonise le langage public, et partout s’impose son obsession raciale, qui veut diviser l’humanité entre « Blancs » et « racisés ».

Elle plaide ouvertement pour la censure, en assimilant les discours qu’elle n’aime pas à des propos haineux. 

Des professeurs s’autocensurent devant des étudiants fanatisés. On ne devrait pas oublier d’ajouter qu’ils s’autocensurent aussi devant des collègues qui se comportent comme des policiers idéologiques. Des titres sont interdits, des mots le sont aussi, des livres sont mis à l’index.

Rien n’est moins libre intellectuellement, aujourd’hui, qu’une université nord-américaine. 

On en trouve pourtant pour s’opposer à l’intervention du premier ministre en prétendant que l’État ne devrait pas s’en mêler. Très étrangement, les mêmes ne s’opposent pas à ce que l’État finance cette institution significativement. 

Legault

Par ailleurs, les universités ont fait la preuve qu’elles ne sont pas capables de se réguler. Les recteurs eux-mêmes ne défendent que très mollement la liberté d’expression.

La situation ne peut plus durer. Les histoires de censure à répétition sont autant de symptômes d’un dérèglement global de l’université, qui trahit sa mission. Il est temps d’y restaurer les conditions de la liberté de l’esprit.

On peut se réjouir que le premier ministre prenne la question au sérieux.