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Qu’enseigne-t-on à vos enfants?

大学の講堂
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Quand on dit que la liberté académique est malmenée dans le monde universitaire, il faut bien cerner le problème.

Si vous prétendez traquer le racisme, pas de problème. Vous aurez même une excel­lente chance d’être financé par les fonds publics.

Vos problèmes surgiront si vous refusez le nouvel évangile.

  • Écoutez la chronique de Joseph Facal avec Sophie Durocher sur QUB Radio :

Partout

Vous pensez que les sciences de la nature sont à l’abri des folies actuelles ? Erreur.

Prenons un exemple : la physique. 

Quoi de plus objectif que l’étude des propriétés de la matière, de la lumière, de l’univers ?

Galilée, Newton, Einstein, Bohr, Planck : du sérieux, du solide, du granit.

En êtes-vous bien sûr ?

Trois universitaires d’une institution montréalaise ont reçu en 2019 une subvention de 163 000 $ d’un organisme fédéral.

Ils veulent contribuer à « décolo­niser la physique », trop blanche, trop pleine de préjugés coloniaux sur ce qu’est « la connaissance ».

On y parviendrait en réhabilitant des savoirs autochtones marginalisés. 

L’une des trois universitaires se réjouissait : « We are finally gaining momentum in elevating Indigenous knowledges as equally valid to Western science ».

Pour elle, le savoir en matière de physique est « occidental », n’est qu’une voie parmi d’autres vers la connaissance, et devrait s’ouvrir à des savoirs autochtones « également valides ».

Je rappelle qu’on parle ici de physique, pas de spiritualité, d’expression artistique, de droit ou d’organisation de la gouvernance locale. 

Cas isolé et caricatural ? Non.  

J’ai sous les yeux un document de 82 pages des autorités scolaires de l’État de l’Oregon.

On y explique comment dorénavant enseigner les mathématiques de façon non raciste afin d’y démanteler le « suprémacisme blanc ». 

Les mathématiques...

Vous aurez deviné qu’il ne faut surtout pas insister sur la « bonne réponse » ou sur les erreurs à corriger.

Dans Le Devoir de samedi, Christian­­­ Rioux rappelait le canular réussi en 2018 par Pluckrose, Lindsay et Boghossian.

Ils envoyèrent à des revues « savan­tes » 20 articles abracadabrants et truffés de chiffres inventés. 

L’un avançait qu’il y avait « une rampante culture du viol » chez les chiens. 

Un autre soutenait qu’à l’astro­logie masculiniste, il fallait opposer une astrologie « féministe, queer et indigéniste­­­ ».

Seulement six des vingt articles furent refusés par ces revues « sérieuses­­­ ».

Raciste ?

À l’UQAM, le collectif étudiant FRUeS – pour Féministes racisé-e-s uni-e-s et solidaires – nous explique pour sa part que la liberté académique ne saurait être « instrumentalisée contre des étudiant-e-s et des professeur-e-s marginalisé-e-s afin de maintenir le statu quo colonial et raciste de l’université ».

L’UQAM, coloniale et raciste ?

Ces étudiantes rappellent aussi « la nécessité que les cours, conférences, ou ateliers issus des pratiques et des analyses des femmes aux marges, soient offerts par des personnes concernées, pour que ces théories issues de la praxis politique soient transmises de façon INCARNÉE ».

Bref, une femme blanche ne saurait donner un cours sur une « oppression » qu’elle n’a pas elle-même vécue. 

Je sais, je sais, vu de l’extérieur, c’est dur à croire. Pourtant...

Il faut être en retard sur la réalité pour croire que le problème est superficiel et passager.