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Une étude s'intéresse aux nombreux cas de cancer du cerveau sur la Basse-Côte-Nord

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La population de la municipalité de Gros-Mécatina, située sur la Basse-Côte-Nord, a été huit fois plus affectée que prévu par des cancers du cerveau au cours des dernières années, un excès significatif de cas qui serait dû au hasard, a indiqué une vaste enquête de la Santé publique.

Entre 2006 et 2015, quatre citoyens de cette municipalité regroupant les villages de Baie-des-Moutons et La Tabatière ont été atteints d’un cancer du cerveau et en sont tous décédés.

Une situation qui a alerté le maire Randy Jones et l’a poussé à demander à la direction de la Santé publique de la Côte-Nord de faire la lumière sur la situation.

«Tout le monde dans le village ici était très inquiet. Les gens savaient que ce n’était pas normal», a souligné le maire de la municipalité de 500 habitants.

La direction de la santé publique de la Côte-Nord a effectivement conclu à un excès significatif de cas de cancer du cerveau à Gros-Mécatina.

«Si on regarde les cas qui étaient attendus pour cette population-là, ça aurait été un demi cas sur une période de dix ans. Là, on a eu quatre cas. C’est huit fois le nombre observé par rapport au nombre de cas attendus», a expliqué le docteur Stéphane Trépanier, qui a mené l'enquête.

L’étude de quatre ans a permis d’identifier des sources potentielles de contaminants dans l’environnement. Parmi ceux-ci se trouvent les sédiments contaminés du lac de l’Aqueduc, dont l’eau a été consommée sans aucun traitement par les résidents jusqu’en 1996.

Les habitudes de vie et l’alimentation traditionnelle des résidents, constituée notamment de mollusques, d’œufs d’oiseaux sauvages ou d’animaux sauvages ont également été examinées.

Pour autant, aucun lien de cause à effet n’a pu être établi entre ces sources potentielles de contamination et le nombre élevé de cancers du cerveau pendant cette courte période.

«C’est souvent le cas dans ce genre d’enquête là. Ce serait dû au hasard», a précisé Stéphane Trépanier.

Le maire de Gros-Mécatina est tout de même soulagé des conclusions de l’enquête, même si elle précise que certaines expositions potentielles dans le passé ne peuvent être complètement éliminées.

«Hier soir, je me suis couché un peu plus soulagé que je ne l’étais auparavant. Vraiment, c’était inquiétant», a affirmé Randy Jones.

Depuis le début de l’enquête de la Santé publique en 2015, aucun nouveau cas de cancer du cerveau n’a été diagnostiqué dans la population de Gros-Mécatina.