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Une technologie de pointe pour l’IUCPQ

De plus en plus de changements de valves aortiques sont exécutés sans avoir besoin d’ouvrir le cœur

Quebec
Photo d’archives, Stevens Leblanc Le Dr Siamak Mohammadi, à gauche, et le Dr Josep Rodés-Cabau, au centre, procédant à une intervention de type TAVI à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) en février 2019. L’IUCPQ fait partie des pionniers en la matière.

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Pionnier dans le traitement des maladies cardiaques, l’IUCPQ continue à développer une intervention moins invasive, la TAVI, qui fait sa renommée dans le monde.

L’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) a réalisé sa première intervention de type TAVI en 2007. Il faisait alors partie de la première étude au monde pour cette nouvelle technique.

L’approche consiste à passer par une artère de la jambe pour changer la valve aortique du cœur, au lieu d’ouvrir ce dernier. «On écrase la valve native et on en met une nouvelle», explique le Dr Siamak Mohammadi, chirurgien cardiaque de l’IUCPQ.

«Le but est de traiter le patient tout aussi efficacement de la façon la moins invasive possible. Quand on y arrive, c’est alors une avancée importante pour la médecine. C’est une tendance de la médecine d’être moins agressive, moins lourde», avance le Dr Josep Rodés-Cabau, une sommité mondiale pour la technique TAVI.

Une référence

Un colorant est injecté dans l’artère du patient qui permet aux chirurgiens d’opérer en suivant leur progression sur un écran. Un autre défi de cette technique est de choisir la bonne taille de valve sans avoir devant eux le cœur ouvert.

«Mais on doit d’abord identifier la porte d’entrée, ajoute le Dr Mohammadi. Nous sommes très avant-gardistes. Dans 15 à 20% des cas, on passe ailleurs, si l’artère de la jambe est trop petite ou trop calcifiée par exemple. Nous avons été le premier centre canadien à le faire par la carotide [cou] et nous avons enseigné aux autres centres canadiens.»

Même en permettant un rétablissement beaucoup plus rapide, la TAVI ne pouvait être utilisée à grande échelle dès le départ. «On connaît la durée des valves chirurgicales. On ne le connaissait pas pour la nouvelle technique TAVI, alors au début elle a été implantée chez les patients avec une espérance de vie plus basse, un risque de mortalité élevé, qui n’étaient pas opérables», précise le Dr Mohammadi.

D’une dizaine de patients au début, l’IUCPQ est passé maintenant à plus de 300 interventions TAVI annuellement. Mais les changements de valves se font toujours majoritairement par chirurgie, soit 600 par année.

«Plus nous aurons des données à long terme, plus la technique TAVI sera adoptée chez de plus jeunes patients. Le nombre de patients référés a aussi augmenté. Ça démontre que les patients plus fragiles n’étaient pas référés avant», estime le Dr Mohammadi.

La TAVI ne remplacera jamais toutes les chirurgies qui s’imposent, notamment lorsqu’il est déjà nécessaire d’ouvrir le cœur pour réaliser un pontage.

Développement

«Il y a encore certaines choses à régler. Par exemple le taux d’implantation de pacemaker permanent est deux à trois plus élevés chez les patients TAVI», reconnaît le Dr Mohammadi.

Un autre défi à relever pour son collègue, le Dr Josep Rodés-Cabau. «C’est un grand penseur qui publie beaucoup à ce sujet et qui essaie de régler certains problèmes liés à cette technique, grâce aux analyses de nos données cliniques», affirme le Dr Mohammadi.

Depuis quatre ans ou cinq ans, grâce notamment à ses 200 articles publiés, le Dr Rodés-Cabau fait partie de la liste des chercheurs les plus influents au monde.

«Ça signifie que les études que l’on publie sont les plus citées au monde. C’est une liste qui implique 1% des chercheurs. Je suis bien fier, mais c’est aussi une belle reconnaissance pour l’équipe avec qui je travaille et pour toute l’institution», dit-il.

Plus grand centre de chirurgie cardiaque du Canada, l’IUCPQ participe grandement à l’avancement de la médecine.

«Notre mission numéro 1 est de traiter les patients de manière optimale, mais aussi d’appliquer les technologies de pointe. Nous participons donc beaucoup au développement de la technologie et à l’innovation», insiste le Dr Rodés-Cabau.

«Notre centre est reconnu dans le monde et j’ai participé de façon très active à la formation de centres canadiens et des États-Unis», ajoute-t-il.

Ce sont les bénéfices dans l’application de cette technique qui le motivent depuis le début dans ses travaux sur la TAVI. «La recherche qu’on fait change la pratique, améliore la survie et la qualité de vie des patients.»

Le Dr Rodés-Cabau espère d’ici cinq ans être en mesure d’utiliser la même technique dans d’autres contextes.

«On essaie d’appliquer cette approche de traitements moins invasifs pour d’autres pathologies. La valve aortique a été un premier défi, il reste à mettre au moins un traitement par cathéter pour les autres maladies valvulaires», conclut-il.


La technique TAVI   

  • Acronyme anglais d’«implantation transcathéter de la valve aortique»    
  • Consiste à insérer une nouvelle valve dans le cœur en passant par l’artère de la jambe    
  • Par opposition, la valve chirurgicale est insérée par une opération à cœur ouvert    
  • Intervention plus rapide    
  • Temps de réhabilitation beaucoup plus court