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Robot Persévérance: une Québécoise aux commandes sur Mars

La Québécoise Farah Alibay qui conduira le robot Persévérance fébrile avant le grand jour

Farah Alibay
Photo courtoisie L’ingénieure Farah Alibay pose à côté de Persévérance, dans le « champ de mars », avant son départ.

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Ce n’est plus qu’une question d’heures avant que la fébrile Québécoise Farah Alibay et son équipe ne pilotent le robot Persévérance sur la planète Mars après un voyage de près de sept mois dans l’espace.

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 L’ingénieure en aérospatiale l’avoue, elle ne tient plus en place. 

« On est stressés, anxieux, excités. Un peu comme la veille d’une compétition : tu sais que tu es prêt, mais le grand show est le lendemain. On veut que tout se passe bien. C’est difficile de se concentrer », a-t-elle raconté, jointe en Californie moins de 48 heures avant l’atterrissage tant attendu.

Dès demain, la Montréalaise de 33 ans va adapter son horaire à celui de la planète rouge, où les jours durent une quarantaine de minutes de plus qu’ici, décalant quotidiennement ses quarts de travail. À ce rythme, après 37 jours, elle « perdra » une journée de vie terrestre. Une application cellulaire l’aidera à garder le compte. 

« On va vivre au rythme de Mars ! » dit-elle en riant.

Car, une heure ou deux après l’atterrissage, ce sera déjà à son équipe de jouer. 

« Dans les 20 premiers jours, on vérifie tous les instruments pour s’assurer que le robot est en bonne santé, avant de commencer à faire de la science », indique-t-elle. 

L’hélicoptère Ingenuity va tenter le premier vol contrôlé sur une autre planète.
Photo AFP
L’hélicoptère Ingenuity va tenter le premier vol contrôlé sur une autre planète.

  • Écoutez l'entrevue avec Farah Alibay, ingénieure en aérospatiale au Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA sur QUB radio



À la lumière du jour

C’est durant la nuit martienne qu’elle et son équipe programmeront l’astromobile à la seconde près pour que le robot puisse remplir sa mission à la lumière du jour. Il devra notamment prendre des photos et s’orienter dans l’espace.

« La nuit, on le plonge dans un état de basse activité où on utilise l’énergie pour le réchauffer et survivre à une nuit martienne », précise l’ingénieure.

Les commandes doivent être planifiées, puisque la communication prend entre 20 et 30 minutes pour faire l’aller-retour entre la Terre et Mars. Chaque jour, c’est plus d’une cinquantaine de scientifiques qui travailleront sur son programme de la journée. 

Au total, le rover d’exploration devrait récupérer environ une vingtaine d’échantillons de différents environnements.

« Ce qu’on veut faire, c’est voyager des distances records chaque jour, pour avoir des échantillons diversifiés », poursuit-elle.

Voici un trajet du parcours espéré par les scientifiques, qui veulent étudier l’ancien delta de Mars.
Photo AFP
Voici un trajet du parcours espéré par les scientifiques, qui veulent étudier l’ancien delta de Mars.

Écrire l’histoire

De son côté, l’ingénieure qui travaille au Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA depuis 2014 s’occupera aussi de coordonner les opérations de l’hélicoptère Ingenuity (Ingéniosité), qui accompagnera le rover dans sa mission. 

« Ça va être la première fois qu’on va voler sur une autre planète », explique Mme Alibay, visiblement excitée.

Si le voyage de Persévérance s’est déroulé « assez calmement » jusqu’à présent, les sept derniers mois n’ont pas été de tout repos pour sa réplique, « Optimisme », qui a travaillé sans relâche avec l’équipe de pilotage pour préparer les manœuvres.

Ils ont testé ses capacités dans un « champ de Mars », qui reproduit la surface de la planète, ajoute-t-elle, un sourire dans la voix. « Avec la mission, on sera peut-être en mesure de déterminer que oui, il y avait bel et bien de la vie sur Mars. C’est un honneur de faire partie de cette équipe. On écrit l’histoire », conclut-elle fièrement. 


Il sera possible de regarder l’atterrissage en direct sur le site de la NASA, demain, vers 15 h 30.

La mission en bref   

  • Le rover Persévérance a quitté la Terre le 30 juillet à bord de la fusée Atlas V, pour son voyage de près de sept mois vers Mars.        
  • Accompagné d’un petit hélicoptère appelé Ingenuity, l’astromobile à six roues devra analyser et prélever des échantillons de roches, qu’elle laissera dans des tubes scellés à la surface de la planète rouge.        
  • Les échantillons seront collectés lors d’une prochaine mission et rapportés vers la Terre en 2031.        
  • La mission de Persévérance durera un an martien – près de deux ans sur Terre – durant lequel le rover d’exploration tentera de trouver des traces de vie microbienne ancienne.        
  • Persévérance doit atterrir le 18 février vers 15 h 30, dans le cratère Jezero, où débouche un ancien delta martien qui pourrait avoir abrité de la vie par le passé.