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Condamné à déplaire

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Il semble n’y avoir que deux réactions possibles aux réformes du contrôle des armes à feu.

Soit elles sont insuffisantes, soit elles vont trop loin.

Prenez la réaction du regroupement PolySeSouvient au projet de loi du gouvernement Trudeau présenté hier. Le fait qu’Ottawa prévoie un programme de rachat des armes prohibées volontaire – et non obligatoire – constitue pour eux une « trahison ».

« C’est une grande victoire pour le lobby des armes », clame-t-on. Sur les réseaux sociaux, je vous assure que les membres de ce lobby n’étaient pas en train de festoyer.

Aveu de faiblesse

Entre les réactions outrées des militants des deux côtés, il y a l’inquiétude des citoyens ordinaires qui craignent la violence armée dans leur quartier. 

Dans la capitale fédérale, le Bloc québécois a fait écho à la déception des anti-fusils. Les conservateurs, sans surprise, se sont plutôt rangés de l’autre côté du débat. Ils accusent les libéraux de s’adonner à un jeu politique partisan au lieu de s’occuper de gérer la pandémie.  

L’attaque cache un aveu de faiblesse. Sans percée dans les grandes villes aux prochaines élections, Erin O’Toole court à sa perte. La population des grandes agglomérations et les autorités en place sont généralement en faveur d’un contrôle plus serré des armes à feu. 

Déception

Cela étant dit, ils ont raison de déplorer que le gouvernement Trudeau ne s’attaque pas de front au nœud du problème, soit au trafic d’armes illégales. Oui, le fédéral compte durcir les peines pour les contrevenants, mais on ne sent pas de volonté claire de mater ceux qui en récoltent les fruits.

Justin Trudeau pellette aussi dans la cour des villes la responsabilité d’interdire les armes de poing. Valérie Plante n’a vraiment pas apprécié. François Legault, non plus.

Le maire de Toronto s’attendait lui aussi à un leadership fédéral plus fort sur la question. Le maire de Vancouver, lui, a applaudi la démarche, prouvant encore une fois que s’attaquer aux armes à feu, c’est se préparer à décevoir.