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Investir pour la suite du monde

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Avez-vous envie que l’argent que vous mettez de côté pour vos vieux jours contribue à accélérer la crise climatique, la perte de biodiversité et l’augmentation de la pollution? Ou au contraire, souhaitez-vous que vos épargnes soutiennent des pratiques plus écologiques et équitables?

Si «l’argent mène le monde», comme on se l’entend si souvent dire, nos choix d’investissement sont une manière concrète de voter pour ou contre des projets économiques. Hormis la réglementation, ce sont les choix exercés par les investisseurs qui déterminent qu’une infrastructure s’érige ou non, qu’un projet immobilier se réalise ou non, qu’une usine se construise ou non.

En d’autres mots, l’investissement est le point de départ ou d’arrêt de tout projet économique, qu’il soit écologique ou polluant.

Qu’il s’agisse de régimes de retraite collectifs, de REER, CELI ou d’autres investissements privés ou collectifs, nos choix changent le monde dans l’infiniment grand, comme dans l’infiniment petit. Il s’agit du tout premier maillon du grand cycle de l’économie dominante que nous pouvons influencer ou laisser aller.

Par où commencer?

S’informer! Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à l’investissement responsable, on m’a fait réaliser que j’en connaissais plus sur les impacts environnementaux et sociaux de mes électroménagers que sur ceux de mes REER! 

Heureusement, il est beaucoup plus facile aujourd’hui de trouver de l’information et d’être conseillé pour faire des investissements qui correspondent à nos valeurs qu’il y a vingt ans. De plus en plus d’entreprises présentent des bilans de performance extrafinancière ce qui nous donne accès à de précieuses informations sur leurs empreintes écologiques et sociales. 

Dans le monde financier, l’acronyme ESG est d’ailleurs devenu incontournable pour parler d’investissements dotés de critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance. Ainsi, on s’intéresse aux impacts des entreprises sur le climat, la biodiversité, l’eau et la pollution ainsi qu’aux droits de la personne, conditions de travail, de même qu’à la bonne gouvernance des entreprises (transparence, prévention de la corruption, diversité du conseil d’administration, etc.). Tout dépend des critères priorisés.

Pratiquement tous les produits financiers existent dans une déclinaison d’ESG. Quels que soient votre profil et vos moyens, il est tout à fait possible de rendre votre portefeuille responsable. Que vous soyez de type prudent ou prêt à prendre des risques importants. 

Contrairement à certaines croyances, l’investissement responsable n’est pas synonyme de baisse de rendement. Selon l’analyse de plus de 2 000 études publiées depuis 1970, l’inclusion de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance a démontré des résultats positifs ou neutres au chapitre du rendement dans 90 % des cas. 

Il vaut cependant la peine d’explorer ce que l’on entend par investissement responsable, car toutes les propositions qui nous sont faites n’ont pas les mêmes objectifs ni la même portée. Loin de là!

Choisir nos priorités

Il faut savoir que l’utilisation des termes investissement responsable, ESG, éthique, durable, vert et autres n’est pas encadrée par les gouvernements. Pour en avoir le cœur net, mieux vaut lire la politique d’investissement responsable des émetteurs de produits financiers et bien choisir en fonction de nos valeurs. 

Plusieurs ont par exemple remarqué que certains fonds qui se disent verts ou écoresponsables détiennent des parts dans des compagnies pétrolières. Cela peut arriver principalement pour deux raisons. La première est que certains de ces placements ne disposent d’aucun filtre permettant d’exclure systématiquement les compagnies pétrolières. Résultat : une compagnie du secteur des énergies fossiles peut se retrouver dans un fonds vert parce qu’elle développe des projets en énergies renouvelables ou parce qu’elle diminue ses émissions de gaz à effet de serre. 

La deuxième raison peut être pour transformer l’entreprise de l’intérieur. Il s’agit d’une stratégie que l’on appelle l’engagement actionnarial. En détenant des actions, certains fonds s’activent à influencer une compagnie en lui transmettant des préoccupations et en lui recommandant des changements au sein même de son système. En effet, un actionnaire a le droit de participer à des assemblées et obtient des droits de vote qui lui permettent de soumettre des propositions pouvant influencer certains choix. Au Québec, un des leaders de l’engagement actionnarial est Aequo. 

Bien choisir nos conseillères et conseillers

Lorsque vient le temps de choisir nos investissements, de bonnes discussions avec nos conseillères et conseillers financiers s’imposent donc pour bien identifier les stratégies et les critères que nous souhaitons privilégier. Surtout si l’on souhaite exclure complètement de nos placements certains secteurs comme ceux des hydrocarbures, de l’agrochimie, ou éviter certaines compagnies minières. 

Tous les conseillers ne sont malheureusement pas bien outillés pour nous guider adéquatement. À force d’insister, on les oblige à considérer ce qui compte vraiment pour nous au-delà des rendements financiers. Ou alors, on peut changer de conseiller. 

Certaines de nos valeurs sont en effet trop importantes pour être mesuré en simples dollars. D’autant plus, qu’il y a tout à fait moyen de créer de la richesse en respectant les limites planétaires et en la partageant équitablement. 

Pour plus d’information

Même s’il n’est pas indépendant de l’industrie, le site internet de l’Association pour l’investissement responsable est une excellente source d’informations disponibles en français. Cette organisation regroupe des gestionnaires et des propriétaires d’actifs, des conseillers ainsi que des fournisseurs de services qui font la promotion de l’investissement responsable sur les marchés canadiens. On y trouve notamment une liste de conseillers financiers spécialisés. Quelle que soit votre institution financière, il y a de fortes chances que vous y trouviez sur leurs listes une personne formée en la matière pour vous aider.

Trois exemples de placements favorables à la transition au Québec   

Quelques initiatives inspirantes, malheureusement surtout en anglais