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La tête au Québec, le cœur en Colombie

Rivas est préoccupé par la guerre des cartels qui fait rage dans son pays natal

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Photo d'archives, Agence QMI Oscar Rivas s’inquiète de la violence qui prévaut à Buenaventura, où vivent plusieurs membres de sa famille.

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Le poids lourd Oscar Rivas est un homme soucieux par les temps qui courent. Et ce n’est pas son prochain combat qui le tenaille.

Le protégé de Marc Ramsay (26-1, 18 K.-O.) est inquiet face à la nouvelle guerre des cartels qui se déroule actuellement en Colombie. À Buenaventura plus précisément. 

« On assiste à une nouvelle guerre des narcotrafiquants, a souligné Rivas lors d’une entrevue virtuelle avec Le Journal de Montréal. Plusieurs membres de ma famille habitent encore à cet endroit. 

« Dans les dernières semaines, on a assisté à un exode de plusieurs centaines de personnes qui partent de Buenaventura en raison de la situation. J’ai publié des vidéos sur ma page Facebook afin que les gens soient sensibilisés à ce qui est en train d’arriver. »

Il a sa petite idée sur les raisons de cette recrudescence de la violence dans son coin de pays. 

« Comme partout dans le monde, la pandémie a fait mal à l’économie de la Colombie, a expliqué Rivas. Plusieurs personnes se sont retrouvées sans emploi. 

« Elles ont alors choisi la vie plus facile, soit celle de travailler pour les cartels de drogue. Buenaventura est maintenant une ville dangereuse. Pour vous donner une idée, la police n’ose même plus faire de saisie dans les endroits où l’on retrouve de la drogue. 

« Cette période difficile va passer, mais j’ai hâte de voir comment le gouvernement colombien va gérer la situation. »

En 2020, la Colombie a connu sa pire flambée de violence en plus de 15 ans. Près de 400 personnes ont perdu la vie durant la centaine de massacres recensés à travers le pays. 

Malgré l’accord de paix signé entre le gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) en 2016, le bras de fer entre les deux organisations a repris de plus belle en pleine pandémie. 

Deux fils en sécurité

Rivas a quatre enfants, dont deux qui sont toujours en Colombie. Oscar Fabian et Mike Jhoer sont en sécurité alors qu’ils demeurent à Cali, soit à deux heures de Buenaventura. 

« Mon objectif est de les faire immigrer au Québec le plus rapidement possible. Le moment idéal serait en juin prochain, après mon combat de championnat, a indiqué le boxeur. Je suis content de les faire venir ici afin qu’ils nous rejoignent enfin.

« Par contre, il faut aussi attendre la réouverture complète des aéroports et que tous les papiers de l’immigration soient complétés. »

Il y a deux ans, sa femme Lady et sa fille Nicole ont débarqué au Québec. Vivant seul depuis plusieurs années, Rivas a eu besoin d’une période d’adaptation. 

« Ce fut un peu difficile au début, mais tout s’est replacé. Je suis content de pouvoir compter sur la présence d’une partie de ma famille. J’ai hâte qu’on puisse être tous réunis sous un même toit. »

Motivation élevée

D’ailleurs, la présence de son épouse et de sa fille l’a aidé à traverser les hauts et les bas de la pandémie de la COVID-19. 

« C’est difficile avec la fermeture de tous les gymnases, a mentionné Rivas. Malgré tout, je suis parvenu à garder ma motivation à un niveau très élevé. 

« J’ai tout fait pour garder ma tête occupée et je me suis entraîné à l’extérieur. Je faisais de la course à pied et il arrivait que ma femme me suive. Ma famille m’a beaucoup aidé à traverser les embûches de la dernière année. » 

Un compte à régler avec Louis 

En raison de la pandémie mondiale, Oscar Rivas ne s’est pas battu depuis 20 mois. Sa patience sera enfin récompensée le 16 mars, alors qu’il affrontera Sylvera Louis en finale d’un gala de GYM présenté à Québec. 

Sylvera Louis
Photo d'archives
Sylvera Louis

Lors du premier choc entre les deux hommes en 2012, le protégé de Marc Ramsay (26-1, 18 K.-O) avait signé une victoire par décision partagée. Rivas n’avait pas livré une grande performance. 

« J’ai un compte à régler avec lui, a souligné le poids lourd. Lors de notre premier combat, j’avais fait un camp d’entraînement de quatre semaines seulement. 

« Je n’avais pas eu une bonne préparation. Cette fois-ci, ce n’est pas le cas et on verra la différence. »

Pour ce duel contre Louis, Rivas doit se plier à une exigence du World Boxing Council (WBC). Il doit respecter la limite des super-lourds-légers (224 lb). 

« C’est facile pour moi de faire ce poids, mentionne celui qui fait déjà osciller la balance à 223 lb en prévision de son prochain affrontement. Lorsque je boxais contre des gars plus grands et plus lourds que moi, je devais manger beaucoup afin de grimper à 240 ou même 250 lb. 

« Maintenant, en contrôlant ma nourriture, ma perte de poids se fait bien. À 223 lb, je me sens très rapide et très fort. On va profiter de cette nouvelle catégorie. » 

Prêt pour Jennings

Si tout se déroule bien contre Louis, le représentant de GYM devrait remonter sur le ring dès le mois de juin. Pour l’occasion, il pourrait se battre pour l’obtention de la première ceinture de champion WBC des super-lourds-légers (bridgerweight). 

« C’est très important pour moi de devenir champion du monde, a souligné Rivas. J’ai toujours rêvé à cet objectif. J’aimerais pouvoir écrire une page d’histoire dans la boxe. »

Selon les dernières informations, il affronterait l’Américain Bryant Jennings (24-4, 14 K.-O.) dans un combat revanche qui pourrait être présenté à Montréal. On se souvient que Rivas avait vaincu Jennings par knock-out en janvier 2019. 

« Ce serait intéressant de s’affronter de nouveau. Toutefois, à 224 lb, ce serait un combat différent du premier. Ce serait intense parce qu’un de nous deux pourrait devenir champion. »