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Les adeptes de paintball et d’airsoft ne veulent pas faire les frais des guerres de gangs

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Le milieu du paintball et de l’airsoft veut se mobiliser pour faire obstacle aux ambitions du gouvernement Trudeau d'inclure les répliques d’armes d'assaut dans son projet de loi visant à resserrer le contrôle des armes à feu.

L’industrie, des joueurs et fédérations dénoncent l’inclusion de leurs jouets dans le projet de loi C-21 sur les armes à feu dévoilé mardi par Ottawa, arguant que ceux-ci ne sont utilisés qu’à des fins sportives et récréatives.

« Notre sport va payer pour les gangs de rue. C’est de l’opportunisme politique de la part du gouvernement Trudeau. Nos joueurs ne font rien de mal. Ils jouent tout simplement au paintball et au airsoft sur des terrains privés, sécuritaires et adaptés à notre sport », lance Jean-Luc Tessier, porte-parole de la Fédération sportive d’airsoft du Québec et organisateur de parties d’airsoft pour les familles.

Le projet de loi C-21 veut resserrer le contrôle sur les armes à feu au pays, mais aussi sur les répliques dont font partie les fusils de paintball et d’airsoft. Leur achat, leur vente, leur transfert ou leur importation seraient donc interdits une fois le projet de loi adopté.

Tout contrevenant pourrait alors se voir infliger une peine maximale de cinq années de prison, ce qui est loin de faire l'affaire de cette communauté de joueurs.

Voter contre le gouvernement Trudeau

« Nous sommes près de 200 000 joueurs au Canada et nous allons demander à tous les joueurs passionnés de voter contre tout parti politique qui soutiendra le projet de loi du gouvernement Trudeau dans son état actuel », menace M. Tessier.

Ce dernier affirme que l’intention du gouvernement concernant les répliques n’est pas justifiable. « C’est une mesure électoraliste d’un gouvernement minoritaire qui cherche à redorer son blason après les échecs liés à la gestion de la pandémie et aux retards honteux du Canada dans la course à la vaccination », dénonce-t-il.

La fédération des joueurs précise qu’elle n’est pas contre le contrôle des armes à feu. Elle dénonce la violence faite avec des armes à feu, mais soutient que le paintball et l’airsoft sont des victimes collatérales des guerres de gangs qui ont cours à Montréal, Toronto et dans d’autres villes canadiennes.

« Nous n’avons rien à voir avec cette violence. La majorité de nos joueurs sont des gens responsables qui aiment ce sport. On risque de décourager beaucoup de joueurs avec ce projet de loi. Beaucoup d’amateurs nous contactent et ne comprennent pas ce que veut faire le gouvernement », dit Hugo Bigras, responsable chez Paintball Mirabel et propriétaire du magasin Impact Proshop.

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Des solutions plus simples que la prohibition

« Le réalisme est important dans notre sport. Ça fait partie de l’ambiance. Ce sont, entre autres, ces détails qui nous motivent à jouer. Notre sport est aussi une simulation de combat », explique M. Bigras.

Ce dernier précise que l’industrie du paintball emploie plusieurs centaines de personnes au Québec et que le géant mondial du paintball est G.I. Sportz situé dans l’arrondissement montréalais de Saint-Laurent.

« On invite le gouvernement Trudeau à s’asseoir avec l’industrie et les joueurs pour trouver une solution. Il en existe plusieurs. On peut faire comme la Californie et en Europe. L’embout des canons des marqueurs est de couleur vive. On sait automatiquement que ce n’est pas une vraie arme », souligne Jean-Luc Tessier.