/misc
Navigation

Les deux discours identitaires

Coup d'oeil sur cet article

Le débat public prend maintenant la forme d’une guerre de tranchées, où deux discours identitaires s’affrontent continuellement.

Il y a ce qu’on appelle le mouvement woke, une importation des campus universitaires américains qui consiste à être éveillé face aux injustices sociales.

L’autre discours identitaire est incarné par un néoconservatisme québécois qui craint l’acculturation de notre langue et de notre identité.

À chaque polémique, ces deux camps s’affrontent avec les mêmes armes et méthodes. Par l’invective, l’absence de nuances et l’outrance.

Le premier voit la race ou l’ethnicité, partout et toujours. Elle serait déterminante quant à tous nos rapports sociaux. Elle dicterait également nos opinions et nos sensibilités.

Ce mouvement enferme les individus dans leur identité raciale. 

Le deuxième nie systématiquement que des inégalités raciales peuvent exister et est incapable d’autocritique. On y réduit la québécité à une question de traditions et de folklore, le racisme à des faits divers et on y propage des rumeurs trompeuses sur un ministre arabe, par exemple.

Les deux discours sont des enfermements identitaires qui tendent vers des communautarismes, l’un racial, l’autre patriotique.

Paradoxalement, même s’ils s’opposent, ces deux discours ont besoin de l’autre pour exister. Ils se valident mutuellement.

Universel

Ces défenseurs sont souvent des gens de bonne volonté, qui veulent le meilleur pour leur société.

Mais, à force de toujours s’enfermer dans leur camp idéologique, dans leur identité, plus personne n’est en mesure de se parler, de trouver des terrains d’entente.

Bien des Québécois ne se reconnaissent pas dans ces luttes identitaires qui divisent à outrance.

Beaucoup espèrent le retour d’une gauche humaniste qui reconnaît la souffrance historique québécoise et qui tend la main.

Beaucoup espèrent, du même coup, une droite plus sensible au sort des minorités, au racisme sournois et aux conséquences que leurs paroles peuvent entraîner.

Les deux discours portent des revendications légitimes.

Il ne s’agit pas de choisir entre les deux camps.

Il s’agit plutôt de combattre ces deux replis identitaires pour les remplacer par un discours universel, véritablement rassembleur.