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Quêter des vaccins à l’Inde

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S’il y a quelque chose qui me sidère, en politique, c’est notre incapacité de prévoir à long terme. 

Prenez le vieillissement de la population.

Ça fait des décennies que nos démographes le répètent : la population du Québec vieillit à la vitesse grand V. 

La pyramide des âges est en train de s’inverser : on va se retrouver avec beaucoup de vieux, et peu de jeunes.  

BOIRE LA TASSE

Avons-nous écouté les démographes ? Avons-nous pris les mesures qui s’imposaient pour préparer l’avenir et relever les défis qu’amène un vieillissement rapide de la population (pression sur le système de santé, demande accrue de soins à domicile, moins de jeunes pour payer la retraite des plus vieux, pénurie de main-d’œuvre, etc.) ?

Non. 

Nous avons vu la vague approcher, et nous n’avons rien fait.

Résultat : nous buvons la tasse. 

Eh bien, c’est la même chose pour la présente pandémie.

Ça fait des années que les spécialistes le répètent : la prochaine guerre mondiale n’opposera pas les É.-U. à la Chine ou à la Russie, mais la planète entière à un virus. 

Et qu’est-ce qu’on a fait, au Canada ?

On a sabordé notre industrie pharmaceutique. 

Résultat : pour faire face à la menace de la COVID-19, nous avons dû aller frapper à la porte de l’Inde pour faire le plein de vaccins !

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L’Inde, cibole ! L’un des pays les plus pauvres de la planète !

Comme si Guy Laliberté n’avait pas payé Hydro-Québec, qu’il se retrouvait sans électricité et qu’il allait demander à un assisté social s’il ne pouvait pas se brancher chez lui pour faire bouillir son eau. 

Ce n’est pas seulement pathétique, c’est honteux. 

UN TRAMWAY NOMMÉ DÉSIR

Le pire, c’est qu’au début de la pandémie, vers quel pays Justin Trudeau s’est tourné pour avoir des vaccins ?

La Chine !

Notre adversaire diplomatique numéro un ! 

Nous avons emprisonné une des leurs, ils ont emprisonné deux des nôtres, mais bof, oublions ça, voici des millions de dollars, pouvez-vous nous envoyer des vaccins, svp ?

Après ça, on se demande pourquoi cette entente a avorté.

Duh !

Pensez-vous que la Chine était pressée de nous venir en aide ?

Au lieu de consolider notre industrie pharmaceutique afin d’être autosuffisants lorsque la pandémie allait frapper, nous avons tout sabordé, et avons remis notre sécurité entre les mains de pays étrangers ! 

On a fait comme Blanche DuBois dans Un tramway nommé Désir : « J’ai toujours eu confiance dans la gentillesse des étrangers. »

Le hic est que lorsque l’incendie fera rage, tes amis étrangers sur qui tu comptais pour te protéger toi et tes proches vont éteindre les flammes qui les menaceront eux avant de te passer leur extincteur !

Et c’est bien normal...

EN FRICHE

C’est bien beau, la mondialisation, mais il y a trois secteurs où il ne faut pas être dépendants des autres.

L’énergie, l’alimentation et les médicaments. 

Il fut un temps où le Canada était un terreau fertile pour les industries pharmaceutiques. 

Subventions, crédits d’impôt : on ne lésinait pas sur l’engrais ! Et ça poussait !

Aujourd’hui, notre ancien jardin qui faisait l’envie de plusieurs est en friche et envahi par les mauvaises herbes.

Bravo !