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Une médecin s’inquiète pour nos jeunes: il est urgent d’autoriser le retour au sport

Dr Sonai Bourellis
Photo Pierre-Paul Poulin

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Monsieur le premier ministre, 

Comme médecin interniste travaillant en milieu hospitalier, aux soins intensifs entre autres, je peux témoigner de la situation dans le réseau de la santé et de l’épuisement du personnel soignant. Je suis aussi témoin des enfants et adolescents (ceux notamment qui partagent ma vie) qui s’éteignent lentement en réaction aux sacrifices qui leur sont imposés depuis près d’une année. 

En réponse à la baisse significative des hospitalisations en lien avec la COVID-19, je constate néanmoins avec déception l’absence de mesures qui permettent le retour aux activités sportives, civiles ou scolaires, chez les enfants et les adolescents. 

Le 21 janvier, vous avez autorisé la fréquentation des lieux de culte par un maximum de dix personnes. Plus récemment, vous avez permis la réouverture des commerces non essentiels et des centres d’achats. Indiscutablement, certaines personnes peuvent avoir besoin de réconfort spirituel en cette période d’incertitude. La réouverture des commerces est également essentielle pour l’économie. 

Cependant, il n’y a pas de fondement scientifique qui démontre que dix jeunes sportifs, sur une patinoire ou dans un grand gymnase, sont plus à risque de contracter une infection que dix fidèles dans une salle de culte ou dix personnes dans un centre d’achat. 

De plus, comment justifier que les besoins en activités sportives des jeunes soient jugés moins essentiels que les besoins spirituels ou économiques d’un autre groupe de personnes ? 

  • Écoutez l'entrevue de Pierre Nantel avec l'auteur de la lettre, Sonia Bourrellis, sur QUB radio: 

Dommages collatéraux

Divers intervenants auprès de la population pédiatrique signalent déjà des dommages collatéraux subis par les enfants et adolescents en lien avec les restrictions sanitaires. Les pédiatres sonnent l’alarme depuis le début de la pandémie et rapportent une augmentation dramatique du temps d’écran, des troubles alimentaires et de la détresse psychologique chez les enfants. 

Des études ont aussi démontré que la participation à une équipe sportive est le principal facteur de réussite scolaire chez les garçons, alors que les jeux vidéo en excès, qui remplacent pour plusieurs le sport organisé, sont source d’échec scolaire. L’activité sportive chez les jeunes est essentielle à leur santé et constitue un vecteur de réussite scolaire.

Nous savons que l’immense majorité des enfants et adolescents ne souffrent pas de complications et ne décèdent pas de la COVID-19. Nous savons également que si les mesures sanitaires sont strictement respectées, et que ces mêmes jeunes ne côtoient pas de personnes vulnérables à moins de deux mètres et sans masques, ils ne seront pas source d’éclosion et de danger pour ces personnes vulnérables. Il est donc improbable que de permettre la pratique du sport organisé mène à une hausse des hospitalisations et des décès. 

Un cadre sécuritaire

Pour le bien-être des jeunes citoyens, et la promotion de la santé collective et dans une perspective de santé publique, il paraît plus sage de permettre aux jeunes de pratiquer leurs activités sportives organisées et supervisées par des entraîneurs responsables plutôt que de les savoir regroupés, dans un parc ou un centre d’achat, ce qui rend le traçage des contacts beaucoup plus difficile. 

Vous avez justement décidé de garder les écoles ouvertes avec de rigoureuses mesures sanitaires. Les grandes fédérations sportives ont géré impeccablement le retour aux activités sportives l’été dernier et diverses organisations sportives ont démontré leur capacité à organiser des activités sportives dans un cadre sanitaire sécuritaire. 

Il est maintenant possible et urgent d’autoriser le retour aux activités sportives, dans un contexte récréatif ou compétitif, dans le strict respect de mesures de prévention, pour la santé physique et mentale des enfants et des adolescents.

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