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À la conquête de la planète Mars

Le robot Perseverance, qui compte une Québécoise parmi ses pilotes, a débuté sa mission jeudi après-midi

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Le robot Perseverance, équipé d’un arsenal digne de la science-fiction pour trouver des traces de vie ancienne, a réussi à se poser sur Mars jeudi après-midi, rapprochant encore un peu plus l’humain de la planète rouge.

« C’est un exploit incroyable, tant technologique que scientifique. On va pouvoir redécouvrir Mars avec de nouveaux sens », s’enthousiasme l’astrophysicienne Nathalie Ouellette, coordonnatrice de l’Institut de recherche sur les exoplanètes à l’Université de Montréal. 

Avant de pouvoir crier victoire, les scientifiques de la NASA ont vécu « 7 minutes de terreur » entre le moment où Perseverance est entré dans l’atmosphère martienne à 20 000 km/h et son « amarsissage ». 

Leur astromobile sophistiqué, le cinquième seulement à toucher le sol de Mars, est finalement arrivé sans encombre à sa destination : le delta de Jezero, qui pourrait avoir abrité de la vie par le passé. 

« Pour une grande partie de l’équipe, la mission ne fait que commencer. Notre but est de se déplacer pour prendre des échantillons et faire des démonstrations technologiques », a affirmé jeudi après-midi Mike Watkins, directeur du Jet Propulsion Lab de la NASA, visiblement soulagé. 

  • Écoutez l'entrevue de Mario Dumont et Vincent Dessureault avec Erick Dupuis, Directeur, Développement de l'exploration spatiale à l’Agence Spatiale canadienne, sur QUB radio:   

Vie extraterrestre

L’ingénieure en aérospatiale québécoise Farah Alibay fait d’ailleurs partie de l’équipe qui a pris les commandes de Perseverance dès son arrivée. 

Farah Alibay, ingénieure en aérospatiale québécoise de la NASA, devant l’astromobile qu’elle contrôle.
Photo d'archives
Farah Alibay, ingénieure en aérospatiale québécoise de la NASA, devant l’astromobile qu’elle contrôle.

En entrevue à LCN quelques heures avant le moment historique, elle se disait fébrile à l’idée de piloter l’engin d’une tonne qui possède 19 caméras, deux micros et un bras robotique de deux mètres. 

Les premiers jours seront consacrés à s’assurer que tout l’équipement fonctionne, puis commencera le volet scientifique de la mission. 

Perseverance viendra en renfort à Curiosity, un autre rover qui se promène sur Mars depuis 2012 et qui a déjà déterminé que la planète rassemblait les conditions propices à la vie.  

  • Écoutez l'entrevue de Mario Dumont et Vincent Dessureault avec Farah Alibay sur QUB radio:   

Microbes recherchés

« On veut maintenant savoir s’il y avait bel et bien de la vie », explique Richard Léveillé, professeur en sciences de la Terre et des planètes de l’Université McGill. 

Pendant les deux prochaines années, le robot prélèvera donc une trentaine d’échantillons de roches qui seront ensuite ramenés sur Terre dans une dizaine d’années et examinés pour y déceler des traces de vie microbienne. « On est trop limités sur Mars. Ça prend des microscopes puissants et des laboratoires pour faire des analyses poussées », poursuit le géologue membre de l’équipe globale de la mission Mars 2020. 

Voici l’une des premières images transmises par le robot après son voyage de 470 millions de kilomètres en 203 jours.
Photo AFP
Voici l’une des premières images transmises par le robot après son voyage de 470 millions de kilomètres en 203 jours.

Perseverance transporte aussi à son bord toutes sortes de technologies que la NASA compte tester, dont un hélicoptère de 1,8 kg baptisé Ingenuity.

« C’est fou, ça fait à peine 100 ans qu’on vole sur Terre et là on va essayer de voler sur une autre planète », a souligné jeudi Farah Alibay dans une entrevue à LCN. 

Il y a aussi « MOXIE », un système conçu pour convertir le dioxyde de carbone présent sur Mars en oxygène, qui pourrait servir à de futurs colons humains pour respirer, mais aussi de carburant.

« Ça rendrait l’exploration sur Mars beaucoup plus soutenable », affirme l’astrophysicienne Nathalie Ouellette.  


L’« amarsissage » est un néologisme qui décrit l’atterrissage sur la planète Mars. L’Académie française ne le reconnaît pas encore, mais il est utilisé depuis 2012 au moins.