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Confinement: danger de décrochage

Menteur
Photo d’archives Louis-José Houde

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Je ne veux pas avoir l’air de chercher la petite bibitte, et je sais que le confinement n’est pas une science exacte, je l’ai déjà écrit...

Mais, expliquez-moi, quelqu’un...

Pourquoi je peux m’asseoir dans une salle et regarder un film, mais pas m’asseoir dans une salle et regarder des musiciens ou un humoriste sur scène ?

UNE DÉCISION INCOMPRÉHENSIBLE

Voici ce qu’écrivait Mario Tessier sur sa page Facebook hier :

« Interrogé à savoir pourquoi ouvrir les cinémas et non les salles de spectacles, M. Legault a répondu que ça serait difficile de faire une programmation de spectacles d’ici le 26 février. Je confirme que je suis prêt à faire un show le 26-27-28 février, le 1-2-3-4-5-6 mars, et ça, dans n’importe quelle salle au Québec... »

Je comprends parfaitement, Mario, et je suis sûr que dans toutes les zones rouges du Québec, des centaines d’artistes se grattent la tête en se disant : « De kessé ? »

Imaginez un spectacle avec Damien Robitaille, qui reprend toutes les tounes qu’il a jouées pendant la pandémie. 

Ou avec votre humoriste préféré. 

Ou je ne sais pas, moi, Fred Pellerin, un pianiste classique ou une violoniste. 

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Pas besoin de gros décors ou d’éclairages sophistiqués, non, juste un projecteur et un micro. 

Ça serait le meilleur antidépresseur au monde. On sortirait de là en flottant. 

Je peux rire en regardant Jim Carrey ou Will Ferrell sur un écran, mais je ne peux pas rire en regardant Michel Barrette ou Martin Petit en vrai ?

Car là, ça serait dangereux ? 

Euh... Pourquoi ? Je projette plus de gouttelettes quand je ris des blagues d’un humoriste en « présentiel » que lorsque je ris des blagues d’un humoriste en « virtuel » ?

OÙ SONT LES ÉTUDES ?

Je m’excuse, mais je veux voir les études qui ont amené le gouvernement à faire ce genre de distinction entre films et spectacles, cinéma et art vivant. 

Je veux voir les courbes, les chiffres, les statistiques démontrant que dans une même salle, et avec le même nombre de spectateurs, la menace varie selon qu’on regarde des images projetées sur un écran ou une personne debout sur une scène. 

Ne craignez rien, messieurs Arruda et Legault, je ne suis pas niaiseux, si vos explications sont claires, je vais comprendre.

Je veux juste que vous m’expliquiez pourquoi je peux voir Louis-José Houde dans Menteur, mais pas Louis-José Houde sur scène. 

Autre chose : je peux aller me baigner dans une piscine intérieure, mais je ne peux pas jouer au tennis à l’intérieur. 

Là encore, j’aimerais voir les études.  

La longueur d’un terrain de tennis standard est de 23,77 mètres. 

Vous êtes en train de me dire que deux personnes situées à 20 mètres l’une de l’autre et séparées par un filet risquent plus d’attraper le virus que dix personnes rassemblées dans une salle de prière ?

Wow...

Je savais que le virus était bizarre, mais jamais à ce point !

DANGER DE DÉCROCHAGE

Comme je l’ai dit, je ne veux pas faire mon fatigant, mais...

C’est exactement le genre d’incohérences qui poussent les gens à décrocher.

Et à établir leurs propres règles...