/world/europe
Navigation

COVID-19: le Conseil scientifique français favorable à l’auto-isolement des plus âgés

Coup d'oeil sur cet article

Paris | Des membres du Conseil scientifique qui guide le gouvernement français jugent qu’il ne faut plus enchaîner les confinements pour combattre la COVID-19 mais opter pour un « contrat social » entre générations où les plus âgés et fragiles accepteraient de s’auto-isoler. 

Dans un point de vue publié jeudi par la revue médicale The Lancet Public Health, ils plaident pour une « nouvelle approche » basée sur « un contrat social clair et transparent » entre les générations car la COVID-19 pourrait être là pour durer.

« La fin tant attendue de cette crise sanitaire mondiale pourrait bien être continuellement repoussée puisque de nouveaux variants émergent » et risquent de rendre les vaccins moins efficaces, écrivent ces cinq membres du Conseil scientifique français, dont son président, le Pr Jean-François Delfraissy.

« En vertu de ce contrat social, les plus jeunes générations accepteraient la contrainte de mesures de prévention (comme les masques, la distance physique), à la condition que les groupes les plus âgés et les plus vulnérables adoptent non seulement ces mesures-là mais aussi d’autres, plus spécifiques (comme l’auto-isolement selon un critère de fragilité), afin de réduire leur risque d’infection », jugent-ils.

Créé en mars 2020, le Conseil scientifique a déjà employé ce type d’arguments dans certains des avis qu’il communique régulièrement au gouvernement français pour guider sa politique de lutte contre la pandémie.

« Il n’est plus possible d’utiliser une succession de confinements généralisés comme réponse principale à la pandémie de COVID-19 », argumentent les signataires.

« Même si (le confinement) est attractif pour de nombreux scientifiques et considéré comme une mesure par défaut par les dirigeants politiques (...), son usage doit être réévalué afin qu’il ne soit plus mis en oeuvre qu’en dernier recours », ajoutent-ils en mettant en garde contre « des approches basées sur la peur ».

« Jusqu’à présent, les populations ont eu une attitude relativement coopérative, mais leurs doutes et leur méfiance sont visibles dans les mouvements de protestation observés dans plusieurs pays », relèvent-ils en pointant les conséquences « dévastatrices » du confinement, notamment du point de vue économique.

« Les conséquences sociales et sanitaires (notamment pour la santé mentale) sont également colossales, en particulier pour les plus jeunes générations, bien qu’elles soient à faible risque » pour la COVID.

Outre le Pr Delfraissy, les autres signataires sont Franck Chauvin, président du HCSP (Haut conseil pour la santé publique), l’anthropologue Laëtitia Atlani-Duault, le virologue Bruno Lina et l’infectiologue Denis Malvy.