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Déclin du français: la pandémie avant la langue, dit Legault

Déclin du français: la pandémie avant la langue, dit Legault
Photo Stevens Leblanc

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La réforme de la loi 101 devra attendre encore plusieurs semaines en raison de l’épidémie de COVID-19. 

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«Je pense qu'à l'heure actuelle, nous devons nous concentrer sur la pandémie, car je suis toujours inquiet [de la situation] et il y a encore un important défi devant nous», a fait valoir jeudi François Legault.    

Prévu initialement pour l’automne dernier, le dépôt du projet de loi visant à renforcer la Charte de la langue française est de nouveau reporté. Le premier ministre espère pouvoir en dévoiler le contenu d’ici la mi-juin.    

Mais les constats du déclin du français s’accumulent. Dans un tout nouveau livre, le professeur de mathématiques retraité de l’Université d’Ottawa et chercheur statisticien Charles Castonguay tire la sonnette d’alarme. «Le français dégringole à une vitesse jamais vue, alors que l’anglais tire son épingle du jeu et réussit à augmenter légèrement du point de vue de la langue la plus parlée à la maison», déplore-t-il.  

S’il estime que la place du français au Québec est un «sujet important», François Legault ne croit pas que le moment soit bien choisi pour se lancer dans un débat sur la langue. «Nous avons promis de déposer quelque chose et nous le ferons au bon moment», a-t-il insisté.    

Limiter les places dans les cégeps anglophones 

Pandémie ou pas, force est de constater que le projet de réforme de la loi 101 n’est pas encore ficelé. Le premier ministre a admis jeudi que les discussions se poursuivent quant aux moyens qui seront pris pour renforcer la Charte de la langue française.    

S’il n’est pas question d’étendre la loi 101 aux cégeps, le gouvernement caquiste étudie une autre avenue. «On veut, par exemple, que les francophones qui veulent perfectionner leur anglais puissent aller au cégep en anglais, mais on regarde la possibilité, il n’y a rien de décidé encore, de limiter le nombre de places dans les cégeps anglophones», a-t-il précisé.  

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Mélanie Joly plus rapide!

Les solidaires ne sont «pas fermés» à des mesures de contingentement. Mais le nerf de la guerre pour rendre les cégeps francophones plus attrayants, c’est l’argent, a fait valoir le député Gabriel Nadeau-Dubois. «Les cégeps francophones, particulièrement en région, sont sous-financés au Québec. Il faut un réinvestissement majeur dans les cégeps francophones», a-t-il dit.   

Au Parti québécois, on milite pour un ajustement du financement proportionnel au poids de la clientèle visée par les établissements collégiaux anglophones. Devant l’inaction du gouvernement pour protéger la langue française, les péquistes ont d'ailleurs l’intention de damner le pion au gouvernement Legault. Ils déposeront leur propre projet de réforme de la Loi 101.   

«Quand c'est rendu que la ministre fédérale, Mélanie Joly, va plus vite que le gouvernement de M. Legault, on doit se poser des questions», a lancé le député Sylvain Gaudreault. Le gouvernement Trudeau annoncera vendredi sa vision en matière de langues officielles et de protection du français, dans laquelle il mettra notamment de l’avant une proposition pour rendre obligatoire le bilinguisme des juges à la Cour suprême.