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La complainte des snowbirds

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La pandémie met nos nerfs à rude épreuve et justifie que chacun pète sa coche de temps en temps.

Ce matin, c’est mon tour. Les droits, c’est pour tous.

Il y en a qui vivent mal la privation de restaurant ou de cinéma. D’accord.

Pitié ?

Moi, je vis mal avec le petit chialage insignifiant de ceux qui ne réalisent pas leurs privilèges.

Quand je prendrai ma retraite, j’espère passer plus de temps au soleil. Je ne suis donc pas jaloux des snowbirds.

Mais je perds rapidement patience quand j’entends les jérémiades de beaucoup d’entre eux.

Dès lundi, le gouvernement Trudeau imposera une quarantaine de trois jours à l’hôtel qui coûtera 2000 $ à chaque voyageur de retour au pays.

Décortiquons les complaintes.

Avant que soit connue la date d’entrée en vigueur de la quarantaine obligatoire, beaucoup se plaignaient d’avoir raccourci leur séjour au soleil pour ne pas devoir s’infliger l’hôtel à leurs frais au retour.   

  • Écoutez la chronique de Joseph Facal avec Sophie Durocher sur QUB Radio :   

Hey, n’est-ce pas qu’ils font pitié en comparaison des gens cloîtrés dans un microappartement, sous la neige, avec des revenus amputés ?

Un autre chiale parce que, dit-il, on change les règles au milieu de la partie. S’il avait su avant de partir...

Quelqu’un pourrait-il expliquer à ce monsieur que tous les gouvernements – certains avec plus d’habileté que d’autres – improvisent depuis le début, tout simplement parce qu’il n’y a pas de mode d’emploi connu face à un virus inconnu ?

Un autre chiale contre le montant exigé : 1500 $, oui, pas 2000 $.

Il traversera donc la frontière en auto. Vous pensez que celui-là fera sa quarantaine sagement chez lui ?

Une autre dame fêtait sa retraite avec un séjour sous les palmiers de trois mois.

Elle a dû changer ses plans parce que Transat et Air Canada ont suspendu leurs vols.

Quoi, elle aurait voulu que les compagnies fonctionnent à perte juste pour elle ?

Elle estime avoir été traitée « de façon cavalière ». Ben coudonc, princesse...

Ils pensent nous attendrir ?

J’ai évidemment de la sympathie pour quelqu’un qui doit partir à l’étranger pour la maladie grave d’un proche ou pour des funérailles.

On pourrait faire une exception pour ces cas.

Mais on parle ici de gens qui chialent parce que leurs vacances de plusieurs mois au soleil sont perturbées !

L’idée de se garder une petite gêne ne les effleure pas ? Non, visiblement.

Les incohérences indéniables des gouvernements ne justifient pas de se plaindre d’inconvénients mineurs quand on a le ventre plein et un beau bronzage.

J’allais oublier le cas de l’athlète d’élite qui s’entraîne en altitude à l’étranger.

Son souci ? « Ceux qui ont continué à s’entraîner seront juste meilleurs que moi. »

Moi, moi, moi...

Le même dit pourtant comprendre « qu’il faut limiter les voyages non essentiels ». Visiblement, il se considère comme essentiel. Lâche pas, champion.

De superbes occasions de se taire sont ratées.

Un proverbe espagnol dit : les mouches n’entrent pas quand on garde la bouche fermée.

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