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Le torchon brûle entre la FMSQ et les anesthésistes du Québec

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Le torchon brûle entre la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) et les quelque 800 anesthésistes de la province après le retrait de leur prime d’assiduité obtenue pour les opérations réalisées tôt le matin.

Si les chirurgiens ont accepté de faire une croix sur leur prime en janvier dernier pour aider la FMSQ à réduire le budget de 10%, leurs collègues anesthésistes refusent de s’en priver.

Pour les opérations réalisées chaque matin entre 7h et 8h, les anesthésistes reçoivent actuellement une majoration de 29% de leur salaire.

Ce montant servirait notamment à ajuster leur rémunération, alors qu’ils sont payés en deçà de leur salaire de base avant 8h, a fait savoir l’Association des anesthésiologistes du Québec (AAQ).

«Elle [la prime] est importante parce que ça peut toucher à l’accessibilité aux soins. [...] Ça n’a jamais bien été expliqué, mais ce n’est pas une prime d’assiduité. Il ne faut pas utiliser la pandémie pour les acculer au pied du mur», a expliqué leur représentant, Bryan Houde.

Dans le recours judiciaire déposé en Cour supérieure, dont TVA Nouvelles a obtenu copie, l’association accuse ainsi la fédération d’avoir outrepassé ses pouvoirs.

«L’Association des anesthésiologistes estime choquant et illégal que le CA et la direction de la Fédération des médecins spécialistes aient complètement ignoré leur subordination démocratique et se soient comportés en monarques tout puissants, n’étant imputables à personne», peut-on lire dans le document.

La présidente de la FMSQ, Diane Francoeur, a cependant rétorqué que tous ces changements avaient été annoncés il y a plusieurs mois.

«Tous les médecins spécialistes savaient qu’à compter du 20 avril 2020, l’Institut de la pertinence commencerait à aller chercher des sommes qui représentent, à la fin de l’entente, une réduction de 20% de l’enveloppe, mais jamais on n’acceptera qu’il y ait une réduction de l’accessibilité aux patients», a mentionné la Dre Diane Francoeur.

Elle trouve également déplorable que le dossier se retrouve devant la justice en pleine pandémie.

«C’est très malheureux, on a tellement de choses à faire que la dernière chose qu’on a envie de faire, c’est de se chicaner à l’interne», s’est-elle indignée.

Les anesthésiologistes demandent ainsi à la cour de suspendre immédiatement la décision de la Fédération, prétendant que la FMSQ aurait dû leur demander l’approbation avant de décider du retrait de la prime.