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Avant que «le fait français soit en péril»

La ministre libérale Mélanie Joly présente sa réforme de la Loi sur les langues officielles

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L’avenir du français est en péril, admet la ministre du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly. C’est pourquoi elle présentera aujourd’hui une série de mesures, tantôt symboliques, tantôt concrètes, ou qui doivent être précisées plus tard. Voici un aperçu de la vision de la ministre et de sa réforme de la Loi sur les langues officielles, qui a plus de 50 ans. Entretien avec la ministre. 

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Quel est le grand objectif de cette réforme ? 

C’est de reconnaître que la langue française fait face à un recul au Québec et au Canada. Étant donné que c’est une langue minoritaire, on doit en faire plus pour la protéger et la promouvoir, afin d’en arriver à une égalité réelle entre le français et l’anglais.


Quel est le risque de ne rien faire ?

Le risque de ne rien faire, c’est que le fait français au Canada soit en péril au cours des 50 prochaines années.


Pourquoi ne pas présenter un projet de loi tout de suite au lieu d’un document de travail ? Cela donne l’impression que les actions concrètes doivent encore attendre.

C’est rare que le gouvernement présente un document de réforme du genre. Et cela ne touche pas seulement la Loi sur les langues officielles. Ça touche plusieurs lois.


Vous engagez-vous à déposer un projet de loi avant les prochaines élections ? 

On est un gouvernement minoritaire, j’espère qu’on aura l’appui des oppositions. Mon objectif, c’est de déposer un projet de loi [cette année]. Ce n’est pas moi qui décide si on va en élections ou pas.


Vous avez voté contre le projet de loi du NPD en 2017 pour rendre obligatoire le bilinguisme des juges à la Cour suprême. Vous avez changé d’idée ? 

À l’époque, ce qui s’est passé, c’est qu’on a pris une position. L’eau a coulé sous les ponts. Maintenant, les juristes au pays ont accès plus que jamais à des cours de français gratuitement. On est rendus là. 


Pensez-vous que cela freinera des candidatures autochtones ? 

Comme pour être premier ministre, être juge à la Cour suprême, c’est faire partie des ligues majeures. On n’a nommé que des juges bilingues depuis 2015. En même temps, avoir une voix autochtone à la Cour suprême, c’est important. L’un peut aller avec l’autre.


Comment comptez-vous faire pour favoriser l’immigration francophone à l’extérieur du Québec dans des provinces qui pourraient être réfractaires à cette idée ? 

On reconnaît qu’on doit prévoir une stratégie nationale d’immigration en français à l’extérieur du Québec pour maintenir le poids des francophones. C’est une question de survie. C’est ce qui va nous permettre de maintenir un équilibre au pays, et au final, une cohésion sociale. Je pense que la réaction va être positive.


Québec songe à restreindre l’accès aux cégeps anglophones. Qu’en pensez-vous ? 

Lorsque Québec sera prêt à dévoiler ses intentions, ça me fera plaisir d’en prendre connaissance. 


Mais ce serait selon vous une bonne ou une mauvaise idée ?  

Québec doit agir dans sa juridiction. Ils feront leur travail.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Les cinq travaux du gouvernement Trudeau  

  1. Obliger les juges nommés à la Cour suprême à être bilingues. 
  2. Accorder aux employés le droit de travailler en français dans les entreprises privées de compétence fédérale établies au Québec et dans d’autres régions du pays à forte présence francophone. 
  3. Éliminer les listes d’attente dans les écoles d’immersion française à l’extérieur du Québec. 
  4. Favoriser l’immigration francophone à l’extérieur du Québec. 
  5. Donner plus de dents au commissaire aux langues officielles.