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Robot sur Mars: grande réussite pour l’ingénieure québécoise

L’atterrissage du robot Perseverance a été un moment émotif pour l’équipe

Farah Alibay
Photo courtoisie L’ingénieure en aérospatiale Farah Alibay présente Ingenuity, l’hélicoptère qui tentera un premier vol sur une autre planète.

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La pétillante ingénieure québécoise qui est aux commandes du robot Perseverance avec son équipe depuis son atterrissage jeudi ne s’est toujours pas remise de sa grosse soirée, déjà impatiente de poursuivre le travail.

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«Quand le moment est arrivé, qu’on a entendu “touchdown confirmed”, c’était un moment... incroyable, déballe Farah Alibay, moins de 24 heures après l’atterrissage qu’elle attendait depuis deux ans. Tout le monde sautait, criait, on pleurait. Quand la première image est revenue, c’est là que ça m’a frappée: wow, on est sur Mars.»

Depuis une salle au-dessus de la principale – pour éviter les contacts entre les équipes à cause de la pandémie –, l’ingénieure en aérospatiale retenait son souffle, jeudi après-midi, tandis que l’astromobile Perseverance entamait sa descente vers la planète rouge.

«J’étais tellement stressée, je ne pouvais même pas m’asseoir sur ma chaise. Je marchais, j’essayais de me calmer. Les sept dernières minutes, c’était les plus longues et les plus courtes de ma vie. Ça a passé tellement vite», raconte-t-elle.

Sans être superstitieuse, elle avait revêtu les mêmes habits qu’en 2018 lors de l’atterrissage sur Mars de la sonde Insight, et teint ses cheveux de la même couleur que la planète: tout pour porter chance au robot pendant les sept périlleuses minutes.

Nervosité à l’atterrissage

Car la destination de Perseverance se trouvait dans un environnement beaucoup plus difficile pour atterrir, d’où la nervosité de toute l’équipe.

«Il y a de grosses roches, comme on peut voir sur les photos, et on aurait eu des problèmes si on avait atterri sur l’une d’entre elles», précise l’ingénieure.

Malgré tout, le robot qui a pour mission de prélever des échantillons de roches martiennes se porte à merveille, explique celle qui est restée jusqu’à tard dans la nuit pour consulter les premières données.

Normalement, les contenants scellés qu'il laissera sur son passage devraient être récupérés lors d’une prochaine mission en 2031. Les prélèvements serviront à déterminer s’il y a déjà eu de la vie microbactérienne sur Mars, il y a de cela des milliards d’années.

Premier quart de travail

Vendredi, Perseverance avait déjà terminé son premier quart de travail et la Montréalaise de 33 ans était impatiente de le retrouver pour voir comment s’étaient déroulés ses premiers tests. Il devait vérifier l’état de ses communications.

Si tout se passe bien, sa «tête» devrait être relevée durant la semaine, permettant la prise de photos à l’aide d’une caméra spécialisée. Puis, la semaine prochaine, le rover devrait être conduit pour la première fois.

Mais ce dont l’ingénieure a le plus hâte, c’est d’essayer de faire fonctionner le petit hélicoptère Ingenuity, pour démontrer qu’il est possible de voler sur une autre planète. «Pour moi, après l’atterrissage, c’est la chose qui va être la plus difficile à faire», indique-t-elle.

Des étoiles plein les yeux

Si Perseverance n’a aucune chance de croiser le rover Curiosity qui se trouve sur une autre partie de Mars depuis 2012, l’ingénieure du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA espère qu’Insight aura pu capter des vibrations lors de l’atterrissage du robot, grâce à son sismomètre très sensible.

Un satellite qui gravite autour de Mars a quant à lui été en mesure d’immortaliser l’atterrissage de Perseverance, parachute ouvert.

Un satellite qui gravite autour de Mars a immortalisé l’atterrissage jeudi.
Photo AFP
Un satellite qui gravite autour de Mars a immortalisé l’atterrissage jeudi.

En quittant le travail, des étoiles plein les yeux, Farah Alibay n’a pas pu s’empêcher de regarder le tout petit point lumineux dans le ciel sur lequel se trouve «son robot».

«Il faut rêver, et c’est ça que je veux montrer avec mon histoire: ça ne dérange pas qui tu es, quelle est ta couleur de cheveux, d’où tu viens. Si tu as un rêve, poursuis-le et ne baisse pas les bras. Tu es capable», conclut-elle, émue d’avoir pu partager l’atterrissage avec toute la planète.