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Il est temps de nous tenir debout face à la Chine

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Photo AFP

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Le Canada n’est pas une puissance mondiale qui fait le poids à première vue devant le géant chinois. Et la stratégie d’agir en tapis de porte ne mène nulle part. Le Canada l’a essayée : Justin Trudeau a joué les gentils. Et cette stratégie a prouvé son échec. Le Canada doit se tenir debout face à la Chine.

Contrairement à l’avis pathétique du premier ministre de la Nouvelle-Écosse, qui suggère de respecter les « façons de faire » de la Chine pour soigner notre relation.

Quelle que soit la fermeté de ses intentions, le Canada seul fait difficilement le poids face au Dragon. Et ce ne sont pas la prestance et l’auto-rité morale de Justin Trudeau qui décupleront notre rapport de force. Le Canada doit établir des stratégies avec des alliés qui partagent nos impatiences avec le régime chinois.

La semaine qui se termine nous aura fourni deux exemples des approches possibles face à la Chine. Je parle de la déclaration commune de 58 pays sur la détention arbitraire ainsi que de la contestation des Jeux olympiques de Pékin.

Citoyens piégés

Dans le cas de la déclaration sur la détention arbitraire, le Canada est plus qu’irrité depuis que la Chine a arrêté sans motifs valables deux de nos citoyens, Michael Spavor et Michael Kovrig. Pour le Canada, il n’y a jamais eu de doute que ces deux citoyens furent injustement emprisonnés dans des conditions abjectes, dans le strict but de faire pression sur le gouvernement canadien. C’est le genre de geste que 58 pays, dont le Canada, ont dénoncé dans une déclaration sur les détentions arbitraires.

Arrêter quelqu’un non pas relativement à des crimes qu’il a commis, mais plutôt pour faire du chantage politique, constitue une pratique condamnable. Cela bafoue les droits de la personne les plus élémentaires, en plus de ramener à une version barbare les relations entre pays.

La Chine joue dans ce film. Plusieurs pays en ont marre que de semblables menaces pèsent sur la tête de leurs citoyens. L’ancien ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, avait lancé l’initiative de réunir ces pays qui veulent faire cesser la pratique. Cinquante-sept pays ont joint la cause canadienne. La Chine a poussé de hauts cris et menacé le Canada. Le géant ne frémit pas devant l’initiative, mais il déteste la sensation, comme quelqu’un qui se fait marcher sur le gros orteil.

Olympiques de Pékin

À l’inverse, les chefs des partis d’opposition à Ottawa ont demandé que le Canada boycotte les Jeux olympiques de Pékin ou réclame le déplacement de ceux-ci dans un autre pays. Le non-respect des droits de l’Homme avec la minorité ouïghoure justifie la demande.

Le Canada seul ne fera rien bouger. Le Canada qui serait seul à boycotter les Jeux ne ferait que punir nos athlètes olympiques, qui s’entraînent pendant des années pour avoir une chance tous les quatre ans. Pour qu’une action concernant les Olympiques soit prise au sérieux, il faudrait tout un front commun mondial.

Sinon, laissons nos athlètes tranquilles.