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La pandémie favorise la prolifération de la vermine

Des exterminateurs constatent une augmentation des infestations majeures

GEN-Portrait de M.Jean-François Rheaut qui à une infestation de rats chez lui
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Aux prises avec un problème de rongeurs depuis juin dernier, M. Rheault a attrapé 48 bêtes comme celle-ci grâce aux trappes qu’il a installées.

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Les cas graves d’infestation de vermine dans les logements ont bondi depuis le début de la pandémie, allant même jusqu’à causer des problèmes de santé à certains occupants.

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« J’ai installé 6 ou 7 trappes. En un peu moins de cinq mois, j’ai tué 48 rats », raconte M. Rheault un locataire de l’arrondissement Lachine à Montréal.

Les problèmes de l’homme de 57 ans ont commencé à peine quelques jours après avoir pris possession de son appartement le 23 juin dernier.

M. Rheault a aperçu des souris et des rats qui se promenaient dans sa cuisine. 

Quand il a contacté sa propriétaire, elle lui a « dit qu’elle n’a jamais eu de problèmes de rats, que ce n’était pas de sa faute », se souvient le locataire. 

« On a de plus en plus de cas où le problème de punaises ou de rats est effrayant », confirme Harold Leavey, exterminateur et président des Entreprises Maheu ltée implantées à Montréal, Drummondville et en Montérégie. 

« Quand on s’en occupe, l’infestation est très avancée. Avant [la pandémie], 5 cas sur 100 étaient considérés comme de grandes infestations. Maintenant, on parle de 15 cas sur 100 », poursuit-il. 

  • Écoutez l'entrevue de Benoît Dutrizac avec Harold Leavey sur QUB radio:   

Problème de crise sanitaire

Mais selon le spécialiste, « la pandémie a le dos bien trop large ».

D’un côté, « des propriétaires se servent de la pandémie pour ne pas agir » et de l’autre, « des locataires préfèrent ne pas signaler le problème par peur d’attraper la COVID ou de se faire expulser », fait valoir l’exterminateur.

« Donc, ils endurent. Et la vermine se reproduit à vitesse folle », ajoute le responsable du Comité logement de La Petite-Patrie, Martin Blanchard, qui observe aussi une baisse des inspections municipales. 

« Les gens sortent moins, ils attendent trop longtemps avant de nous appeler et le problème devient plus grave », confirme le propriétaire de Central exterminateur à Montréal, Frank Pulcini, comme tous les autres spécialistes contactés par Le Journal. 

Pas seulement des rats

Les souris et les rats ne sont pas les seuls problèmes des locataires comme M. Rheault.

« J’ai commencé à me faire piquer par des puces. J’ai des éruptions cutanées, des fièvres. J’ai été testé pour la leptospirose [qui se transmet par l’urine d’animaux infectés] au CHUM », détaille M. Rheault. 

Ses symptômes ont cessé lorsqu’il a quitté temporairement le logement à la mi-décembre.

Selon les exterminateurs interviewés, les locataires tentent, plus que jamais, de régler ces problèmes eux-mêmes.

« Ils achètent des produits sur internet qui ne sont même pas autorisés au Canada, déplore M. Leavey. J’ai vu une madame avec une infestation de punaises qui a décidé d’arroser les meubles, les lits, les vêtements et tant qu’à faire, elle a arrosé ses trois enfants avec un pesticide hautement toxique. »

Le directeur des affaires publiques à la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (COPRIQ), Hans Brouillette, croit que les villes devraient donner un coup de pouce aux propriétaires pour payer l’extermination de la vermine. 

« Les punaises, les rats et les souris, ce sont des problèmes de santé publique », plaide-t-il.

À la Ville de Montréal où le Service de l’habitation a maintenu « les inspections jugées urgentes », on note « une baisse d’environ 40 % des plaintes citoyennes et des déclarations au registre des punaises pour l’année 2020 ».