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Accès difficile à internet : des élèves ont pris du retard à l’école pendant la pandémie

Accès difficile à internet : des élèves ont pris du retard à l’école pendant la pandémie
Photo courtoisie, Patricia Barrette

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Des élèves de l’Abitibi-Témiscamingue ont pris du retard à l’école en raison de leur mauvais accès à internet, dénonce une mère.

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« Je suis très déçue, voire fâchée, car [le système] délaisse certains enfants, alors que tous ont droit à l’éducation », confie Patricia Barrette, de Nédélec, au nord de Ville-Marie, dans le Témiscamingue. 

Deux de ses enfants ont eu bien de la difficulté à suivre leurs cours pendant les semaines où l’école devait se faire à la maison en raison de la pandémie. L’internet n’est pas suffisant pour permettre les vidéo-conférences ou même le transfert de documents chez Magalye, 7 ans, et Olivier, 4 ans. 

Facture salée

C’est d’autant plus injuste que leur famille paie une facture salée pour être ainsi branchée, déboursant jusqu’à 400 $ par mois en raison des frais additionnels imposés pour se procurer plus de données.

Magalye et Olivier ne sont pas seuls. Plusieurs enfants ne peuvent pas faire l’école à la maison dans certaines zones rurales ou éloignées de l’Abitibi-Témiscamingue. L’internet par satellite serait tellement inefficace que plusieurs préfèrent se débrancher plutôt que de payer des frais exorbitants. 

Comme Mme Barrette, certains parents paient le gros prix pour un accès qui n’a de haute vitesse que le nom et dont les données sont limitées. D’autres augmentent leur capacité de données mobiles sur leurs cellulaires pour ensuite les transférer sur la tablette prêtée par l’école aux enfants. 

Le Centre de services scolaire du Lac-Témiscamingue a beau fournir des iPad à tous les élèves et des routeurs donnant accès à un réseau Wi-Fi mobile à ceux du secondaire, ce sont les parents de jeunes du préscolaire et du primaire qui écopent davantage du manque d’accès d’internet. 

Ces jeunes n’ont ainsi pas accès aux mêmes outils pédagogiques que les autres. Au Centre de services, environ 20 % des 1800 élèves vivent cette réalité. 

Une cinquantaine d’entre eux ne peuvent même pas être fonctionnels avec une clé LTE, fournie par le centre de services scolaire, et qui devrait normalement leur permettre de se connecter en tout lieu sur le territoire du fournisseur de services internet. 

« Nous devons leur assurer un transport pour qu’ils puissent se brancher en classe ou au laboratoire informatique, sinon nous leur fournissons des documents papier et faisons des suivis téléphoniques », dit la directrice des services éducatifs, Nicole Lavoie. 

Une « catastrophe » 

Du côté de l’Abitibi, la connectivité est à ce point problématique que les élus municipaux en ont fait leur priorité. Inutile de rouler bien loin des villes comme Rouyn-Noranda, Val-d’Or et Amos avant d’être déconnectés. 

« Nous avons un retard important sur le reste de la province, ce qui affecte le développement et la compétitivité de notre région », déplore le président de la Conférence des préfets de la région et maire de Malartic, Martin Ferron. 

« Même dans les villes, la capacité n’est pas assez grande durant les heures de pointe », ajoute-t-il. 

Sébastien D’Astous, préfet de la MRC d’Abitibi, va encore plus loin. « Dans certains villages, c’est une catastrophe. Nous sommes nettement en dessous des normes minimales établies en matière de vitesse et de fiabilité », soutient celui qui est maire d’Amos.