/finance/business
Navigation

AERAM: un programme d’aide qui est «juste de la foutaise»

Investissement Québec exige trop des entreprises

Chocolat Harmonie
Photo courtoisie Jocelyn Bédard, propriétaire de Chocolat Harmonie, près de Québec, a préféré se passer de l’aide de l’État québécois.

Coup d'oeil sur cet article

Un chocolatier de la région de Québec est en colère contre Investissement Québec (IQ) et son programme d’Aide aux entreprises en régions en alerte maximale (AERAM), qui ne sert à rien, selon lui.

« On s’est organisé autrement. Le programme, c’est juste de la foutaise », lance excédé, au bout du fil, Jocelyn Bédard, 63 ans, propriétaire de Chocolat Harmonie, à Stoneham-et-Tewkesbury, dans le coin de la Capitale-Nationale.

Au 12 février dernier, près de la moitié des 186 demandes reçues par IQ dans le cadre du programme AERAM n’avaient pas encore été acceptées définitivement.

Ainsi, plus de 52 demandes étaient toujours en analyse (28 %), 22 en attente d’une acceptation de l’entreprise (12 %) et 12 demandes avaient été refusées (6 %).

Trop de paperasse

Pour Jocelyn Bédard, propriétaire d’une chocolaterie de 25 employés, le programme est trop lourd et trop compliqué.

« On leur demandait 70 000 $, mais c’est de la paperasse. La banque me demande des liquidités sur ma maison. Je lui ai dit : “Écoute bien, si j’applique pour ce programme-là, ce n’est pas pour aller chercher des liquidités sur ma maison” », déplore l’entrepreneur.

Résultat, l’homme d’affaires a dû trouver en quatrième vitesse un Plan B en demandant à ses partenaires de l’aider à passer à travers la Saint-Valentin.

« Il a fallu que je me démerde autrement, que je demande des avances de fonds à différents clients. On se débrouille d’un bord et de l’autre. J’ai des fournisseurs qui m’ont accordé un crédit de 70 000 $ », soupire-t-il.

À la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), on déplore la situation. « Les demandes des PME du Québec sont claires : de l’aide directe et moins de paperasse », martèle son vice-président, François Vincent.

Pour le député libéral Monsef Derraji, porte-parole de l’opposition officielle en matière de PME, le cas du chocolatier est l’arbre qui cache la forêt.

« C’est triste qu’un an après la pandémie, on en soit encore à parler des programmes, alors qu’il y a urgence », a-t-il conclu, en demandant au ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, de régler la situation au plus vite.


♦ Au 12 février dernier, une centaine de demandes acceptées du programme PACTE-AERAM, totalisant 11,59 millions de dollars, ont été octroyées à des entrepreneurs.