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Avez-vous les reins solides pour investir en bourse ?

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Allez vous faire un petit café, on va jaser de risque boursier. Qu’est-ce que ça veut dire au juste ? Vous allez voir, on va avoir du fun !  

Le sujet s’impose, car j’ai remarqué que des investisseurs semblent avoir été frappés par une sorte d’amnésie. Il y en a qui ont l’air d’oublier leurs nuits blanches du printemps dernier, quand la bourse s’était écrasée de plus 37 % en un mois.  

Ça me permet aussi de nuancer un aspect ou deux d’une récente chronique dans laquelle j’expliquais une stratégie qui consiste à emprunter sur la valeur de sa maison pour investir en Bourse, à l’intérieur d’un CELI.

J’y reviens, car elle a éveillé chez certains lecteurs un appétit pour des variantes de l’approche exposée, le levier (emprunter pour investir). Vous êtes quelques-uns à m’avoir soumis votre plan personnel afin de connaître mon avis.

Je répondrais d’abord que c’est facile d’imaginer des rendements suffisants pour faire tenir un plan. J’ajouterais que même s’il est réaliste, un objectif n’est pas pour autant garanti, surtout sur une courte de période. Même des attentes modestes peuvent requérir un certain sang-froid. 

Des rendements imprévisibles

Le problème lorsqu’on aborde les sujets boursiers, c’est la présentation des rendements.

Quand on regarde de manière rétro-active, ce n’est pas sorcier (enfin... presque) d’évaluer le rendement annuel d’un portefeuille. C’est lorsqu’on se projette dans le futur que ça se corse, car on expose les performances attendues de la même manière, par un rendement annuel composé, comme je le fais souvent dans mes articles. On ne peut faire autrement, mais on doit se méfier un peu de l’effet embellissant.  

Ça ne fonctionne pas comme ça, vous le savez autant que moi. Quand on concocte des stratégies qui reposent sur des hypothèses de rentabilité lisses comme un chemin qui sent bon l’asphalte neuf (4 %, 5 %, 6 % par année), on oublie qu’on s’aventure sur une voie qui ressemble plus à une rue de Montréal au moment du dégel au printemps. 

La question n’est pas tant de savoir si son plan tient debout avec des attentes de rendement raisonnables, mais si on a le cœur assez solide pour encaisser des baisses de 5 %, 10 % ou 25 % qu’on peut rencontrer en cours de route. C’est le prix à payer quand on vise un gain peu extravagant de 5 % par année, net de frais. 

La vraie vie en Bourse

Comment se présentent les gains boursiers dans la vraie vie ? D’abord, je dois accorder le crédit à Daniel Laverdière, directeur du centre d’expertise de Banque Nationale Gestion Privée 1859, pour les données que je vais citer à partir de maintenant. Il tient un registre des performances boursières canadiennes dont les données remontent à 1956.

Son chiffrier est intéressant car il indique, pour un investissement réalisé à un moment donné depuis 1956, le rendement qu’il générera sur un, deux, trois... jusqu’à 10 ans. C’est le genre de document que Biff, le méchant dans les films Back to the Future, se serait apporté à lui-même dans le passé. 

Les investissements les moins rentables sont généralement réalisés quand la Bourse accumule les records. Le pire moment pour placer ses billes dans la Bourse canadienne sur un horizon d’un an a été en juillet 1981, il a perdu 39,2 % en 12 mois. Ce même investissement, au bout de cinq ans, a pourtant réussi à générer un rendement annualisé de 9,8 % ! 

Il ne faut pas pour autant conclure qu’on gagne à tout coup sur une période de cinq ans. Celui qui aurait acheté l’indice de la Bourse canadienne en avril 1998 aurait connu un rendement négatif annualisé de -1,9 % jusqu’en 2003. Il s’agit de la pire période de 5 ans depuis 1956. Sur 10 ans, ce placement se sera néanmoins apprécié de 7,8 %, par année. 

À propos des expériences humaines, on dit souvent que la destination importe moins que le voyage qui nous y mène. En investissement, c’est la même chose. Mais attachez votre ceinture ! 

PIRES ET MEILLEURES PÉRIODES BOURSIÈRES DEPUIS 1956 (TSX)  


1 an 5 ans 10 ans
Pire -39,2% -1,9% 2,8%
Meilleur 86,9% 27,8% 19,5%

(Rendement annualisé)